Dans la foulée des succès d’Uber, d’Airbnb et de Kijiji, l’économie collaborative fait beaucoup parler d’elle. Notre journaliste s’est lancé comme défi d’utiliser plusieurs de ces plateformes web pour financer un séjour à la campagne et y boire une bonne bouteille de champagne, le tout sans alourdir sa carte de crédit.

Avant de se lancer dans cette aventure, on est parti à la recherche d’un coach. On l’a trouvé en la personne de Fabien Durif, professeur à l’École de gestion de l’UQAM et directeur de l’Observatoire de la consommation responsable (OCR). C’est la personne idéale pour se lancer sur la bonne piste. «Les plateformes web ou applications de type Uber, Airbnb ou Kijiji ont le vent dans les voiles et permettent à leurs utilisateurs de faire d’importantes économies ou d’engranger plusieurs centaines de dollars par mois», dit-il. Mais où les trouver?

Des acteurs comme Oui Share, communauté dédiée à l’émergence de la société collaborative, et l’ORC ont entrepris de cartographier les différentes initiatives. «On en compte presque une centaine actuellement au Québec, principalement à Montréal où se conjuguent densité, diversité de population ainsi qu’un fort pourcentage d’étudiants», ajoute M. Durif.

Premier conseil:Vendre mes trucs inutiles sur Kijiji
Selon une étude du World Wildlife Fund, qui s’est penché en 2013 sur le degré d’utilisation de certains appareils, une perceuse n’est utilisée que 1,5 minute par an, soit 0,00029% du temps. Je pourrais sans problème la vendre et m’abonner à la Remise, une bibliothèque d’outils qui se spécialise dans le prêt. Mais je n’ai pas de perceuse.Par contre, j’ai des vêtements pour enfants et des livres.

Deuxième conseil: aller voir du côté des plateformes d’échange de services
De ce côté, ça commence carrément à pulluler: Prkair permet de louer sa place de stationnement. Twizimo permet de rentabiliser une pièce de l’appartement ou du garage, qui devient un espace d’entreposage locatif. cooked4U permet de vendre des plats cuisinés faits maison. Spinlister me permettrait de louer mon vélo en dehors des périodes d’utilisation. Et si l’envie me prenait, par exemple, de louer mon déguisement d’ex-cadre de bureau ou la tondeuse de la copropriété, il y a Rentable.net. Bref, les choix sont nombreux.

«Au Québec, on n’a pas atteint le même degré de déploiement [des plateformes d’économie collaborative] qu’en France, où on retrouve ce type de plateforme dans presque tous les secteurs de l’économie.» –Fabien Durif, professeur à l’École de gestion de l’UQAM et directeur de l’Observatoire de la consommation responsable

Fabien Durif explique l’écart entre l’utilisation québécoise et française des plateformes d’économie collaborative par différents facteurs. «En France, ces plateformes sont tout d’abord une forme de réponse à un désenchantement et une fracture sociale, ce que ne vit pas le Québec actuellement.

En outre, la province a été moins touchée par la crise économique de 2008, qui a aussi beaucoup aidé à l’émergence de ce type d’échanges en France et aux États-Unis», ajoute-t-il en précisant que les acteurs de l’économie collaborative sont séduits par les gains financiers, le contact social, le rapprochement avec la communauté, mais aussi le côté pratique.

Maintenant qu’on a trouvé des moyens parallèles pour gagner de l’argent et financer notre défi, il ne reste qu’à trouver une destination pas trop chère. On opte spontanément pour le wwoofing, un acronyme pour WorldWide Opportunities on Organic Farms. En gros, on bosse de quatre à six heures dans une ferme ou un grand potager privé contre le gîte, le couvert et du temps libre pour visiter la région. On s’est trouvé une ferme sur la Rive-Sud accessible en transport en commun. Le budget nécessaire au Défi champagne et campagne ne devrait donc pas dépasser les 30$. Eh oui, c’est aussi ça l’économie du partage: faire beaucoup avec peu.

En attendant de voir si notre journaliste est devenu le Bill Gates de l’économie collaborative dans l’édition de lundi prochain, suivez ses péripéties sur son blogue Montréal sous observation.

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