Les décrocheurs québécois
Au Canada, les décrocheurs gagnent en moyenne 70 $ de moins, par semaine, que ceux qui possèdent au moins un diplôme d’études secondaires (selon Statistique Canada). À moins d’être des surdoués, ils se condamnent à vivoter. Et il s’agit d’un phénomène qui varie beaucoup selon les régions et le sexe.
Au Canada, les malheureux champions du décrochage, toutes catégories, sont les autochtones… et les garçons francophones du Québec. Presque un Québécois sur cinq (19 %) âgés de 20 à 24 ans ne détient aucun diplôme d’études secondaires, si on se fie au plus récent recensement, celui de 2006. Heureusement que les filles sont plus studieuses. Moins d’une sur 10 abandonne. Résultat? Au Québec, le taux combiné garçons-filles oscille autour de 12 %, ce qui demeure quand même le pire des 10 provinces canadiennes.
C’est un cul-de-sac, souligne l’Institut C.D. Howe dans une récente étude, puisque ce phénomène mène tout droit au chômage et à la pauvreté : 40 % des non-diplômés s’exposent à être exclus du marché du travail ou à ne trouver que des petits emplois.
Qu’est-ce que qui se passe avec les jeunes Québécois francophones? «Les jeunes hommes déclaraient le plus souvent avoir décroché parce qu’ils ne participaient pas à la vie de l’école ou qu’ils voulaient travailler et gagner de l’argent», écrit Statistique Canada. Autrement dit, ils succombent au syndrome du char. Mais il y a plus. Au Québec, l’école est encore déconsidérée. Qui n’a pas entendu l’histoire du «chômeur instruit»?
Vrai, on ne peut pas forcer les jeunes à aimer les études. Ce travail devrait commencer à la maison. Le premier ministre Charest l’a rappelé l’automne dernier, ce qui lui a étonnamment valu une pluie de critiques. Pourtant, Barack Obama est revenu sur le même sujet dans son discours sur l’état de la Nation. II insistait sur le rôle fondamental de l’éducation et sur le fait que les familles étaient au cÅ“ur du combat. Venant de lui, tout à coup, c’était noble…
Quels que soient les moyens, il va falloir convaincre les garçons québécois de poursuivre leurs études pour s’assurer au moins une formation solide, un doctorat ou un métier, peu importe. Tout dépend des goûts.
Et, en terminant, voici une autre donnée instructive : toujours selon Statistique Canada, le taux de décrochage des jeunes immigrants était inférieur à celui des jeunes Canadiens de naissance. Quand on est décidé à faire sa place au soleil…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.