Au Collège de Montréal, hébergé juste à côté du Grand Séminaire des prêtres sulpiciens, éducation, histoire et religion continuent de faire bon ménage, malgré la laïcisation. Un œil averti aura remarqué que le matériel de billard d’une des salles de repos est rangé dans un ancien confessionnal et que plusieurs bancs d’église ont trouvé une nouvelle vocation. Un des dortoirs est même aujourd’hui une salle de golf intérieure. Alors que le collège entame les célébrations de son 250e anniversaire, Métro vous convie à une visite dans le temps, à travers les couloirs du plus vieux collège de Montréal.

Durer. La plus ancienne mosaïque d’étudiants affichée dans les couloirs date de 1890. À cette époque, le Collège de Montréal était sur le site actuel de la rue Sherbrooke depuis 20 ans. Il a déménagé trois fois depuis sa création en 1767, sur le site de Longue-Pointe, où passe actuellement le tunnel Louis-Hyppolyte-La Fontaine. Louis Riel, Louis-Joseph Papineau, Émile Nelligan et… Pierre Falardeau ont usé leur fond de pantalons sur les bancs de l’institution. Non, aucune femme. Elles ne sont admises que depuis 1997, après sept ans de débats.
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Évoluer. Près de 18M$ ont été investis depuis 25 ans pour, entre autres, se doter d’un gymnase digne de ce nom, pour rénover la salle de spectacle où Radio-Canada a enregistré ses émissions d’opéra pendant 20 ans, ou pour transformer les trois anciens dortoirs en salles de cours. Dans le dortoir des grands, où s’entassaient 60 jeunes jusque dans le milieu des années 1970, se trouve désormais une salle pour pratiquer le golf. «La compétition est forte, alors il faut notamment se distinguer avec des programmes particuliers. Mais on est arrivé à passer de 575 élèves en 1998 à 1370 en 2016», souligne Patricia Steben, la première femme à occuper le poste de directrice générale du Collège en 250 ans.
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Cohabiter. Même si depuis plus d’un siècle le Collège de Montréal ne vise plus à être l’antichambre du Grand Séminaire qui forme les prêtres, l’édifice garde des traces de son passé catholique. Jusqu’au milieu des années 1970, les sulpiciens étaient encore majoritaires parmi les professeurs. Ils ont d’ailleurs conservé au Grand Séminaire voisin une ribambelle d’anciens outils d’apprentissage comme cette cloche à vide qui démontre que l’absence d’air empêche le son de voyager. Bernard Charbonneau, professeur de français depuis 35 ans au Collège de Montréal et ancien élève de l’époque se rappelle que son bureau était occupé alors par le  Père Amyot, prof de religion. «Encore à l’époque, les chambres des prêtres qui officiaient aussi comme professeurs jouxtaient directement leur bureau», indique-t-il en nous montrant les reliquats de tuyauterie du bureau voisin.

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Apprendre. Au début des années 1970, la direction décide d’inclure l’audiovisuel dans son apprentissage et nomme un directeur, un technicien chargés de gérer les appareils et le stock de diapositives. «L’expérience a toutefois ses limites […] Les professeurs sont mal formés, le service est débordé, le matériel vieillit, les ressources sont limitées», écrivait en 2007 Charles Saint-Germain, un ancien administrateur du Collège dans un ouvrage retraçant l’histoire de l’institution. Toute ressemblance avec le dossier des tableaux interactifs est purement fortuite, serait-on tenté d’ajouter!

Fêter. Le 250e anniversaire du collège sera fêté le 2 février 2017. D’ici là plusieurs évènements sont au menu dont:

  • Du 21 au 23 novembre, un rallye historique sera organisé et un menu d’époque sera servi à la cafétéria
  • Le 26 mars, un match de hockey aura lieu entre des anciens du Collège et des anciens du Canadien de Montréal

 

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