Chantal Levesque Serge Simon, grand chef de Kanesatake et Clinton Phillips, chef de Kahnawake.

Les peuples des Premières Nations du Québec et de la Colombie-Britannique ont signé jeudi, respectivement à Montréal et Vancouver, un traité pour faire front commun contre l’exploitation des sables bitumineux.

Une cinquantaine de nations ont signé ce traité qu’ils qualifient d’«historique». Six nations de l’Ontario étaient également représentées à Montréal pour la signature du traité. La réserve indienne de Standing Rock, du Dakota du Nord et du Dakota du Sud aux États-Unis, a également signé le traité, elle qui se bat contre la création du Dakota Access Pipeline.

«Ce traité donne à chacun la ferme promesse que nous allons nous soutenir et nous protéger face à la création des pipelines, a expliqué Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. Mêmes peuples, mêmes combats, mêmes préoccupations.»

«Avec ce traité, [le pipeline] Énergie Est n’est plus mon seul combat, [le pipeline] Trans Mountain [en Colombie-Britannique] l’est aussi. Et eux [les premières nations en Colombie-Britannique], leur combat est aussi Énergie Est», a ajouté Serge Simon, grand chef de Kanesatake.

M.Simon souligne que puisqu’il a maintenant le soutient de son peuple, il peut maintenant commencer la bataille.

«TransCanada, j’espère que vous allez comprendre le message aujourd’hui. Si vous n’avez pas compris aujourd’hui, vous allez comprendre dans l’année à venir» – Serge Simon, grand chef de Kanesatake

Il souligne qu’une rencontre devrait avoir lieu entre les signataires du traité prochainement, et possiblement avec des groupes environnementaux, pour décider de leurs actions dans la prochaine année. «On veut garder la paix, mais toutes les options sont sur la table, indique M.Simon. Ce sera en fonction des actions du gouvernement. On va notamment déterminer, par exemple, ce que l’on compte faire si le gouvernement accorde des permis d’extraction.»

Si un projet de pipeline va de l’avant en Colombie-Britannique, ils pourraient organiser des actions locales aux Québec pour soutenir les communautés de l’ouest. «On n’hésite jamais à descendre dans la rue pour livrer nos combats», a ajouté le grand chef Simon.

Serge Simon précise qu’ils n’hésiteront pas à entreprendre des actions légales contre le gouvernement concernant les projets de pipelines au Canada, rappelant la décision de la Cour d’appel fédérale du 23 juin dernier qui a annulé l’approbation d’Ottawa au pipeline Northern Gateway. La Cour avait jugé qu’Ottawa avait failli à son obligation de consulter les Autochtones.

Il ajoute qu’ils pourraient également s’adresser à la Cour internationale de Justice (CIJ), en vertu des traités historiques conclus avec les Premières nations en Amérique du Nord.

Les représentants des Premières nations qui ont tour à tour signé le traité devant les médias ont fait valoir l’importance de «protéger notre terre mère» et les générations à venir.

Ils souhaitent faire la promotion de plusieurs «alternatives» pour progressivement faire la transition et ne plus extraire les sables bitumineux. «Ce qu’on fait aujourd’hui ne devrait pas avoir d’impact sur les générations à venir, a indiqué Clinton Phillips, chef de Kahnawake. Si on pensait ainsi, les pipelines ne seraient pas une possibilité.»

«Nous ne voulons pas détruire l’économie des Premières nations en Alberta [là où se trouvent les réserves de sables bitumineux], mais nous allons faire la promotion d’alternatives et d’un investissement massif dans l’économie albertaine pour l’aider à faire la transition et cesser l’expansion des sables bitumineux. Ça prend seulement la volonté politique», a ajouté le grand chef Serge Simon.

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