Claude Majeau La 27e Nuit des sans-abri a eu lieu vendredi soir.

Les refuges pour itinérants ont offert un record de 80 000 nuitées l’hiver dernier, soit 10% de plus que l’année précédente, déplorent les organismes d’aide aux itinérants à la veille de la Nuit des sans-abri qui se tient vendredi soir. Métro fait le point avec le coordonnateur le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre Gaudreau.

Y a-t-il eu des avancées depuis un an?
La bonne nouvelle, c’est que le gouvernement Trudeau a augmenté de 50% l’enveloppe de la lutte à l’itinérance. À Montréal, ça représente 7,5M$ de plus sur deux ans et on pousse pour que le fédéral réinvestisse dans le logement social, un secteur qu’il avait déserté sous les conservateurs. Le problème, c’est que le gouvernement provincial, notre plus gros pourvoyeur ne finance que 1500 nouveaux logements sociaux par année depuis 2 ans, soit à un rythme deux fois moins rapide que nécessaire. De son côté, la Ville de Montréal a contribué à financer 300 logements sociaux, mais elle n’a toujours pas livré le bilan de la police en matière de profilage social des personnes itinérantes. Quant au poste de protecteur des itinérants qui a été créé, son utilité reste encore à démontrer.

Quelle lecture faites-vous du récent rapport sur la pauvreté au Québec?
L’étude de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) montre que 40% des personnes vivant dans la pauvreté travaillent et que leur nombre a augmenté de 30% depuis 10 ans [NDLR: Ces données ne tiennent pas compte des étudiants]. Le jour où ces personnes perdent leur travail, elles risquent dans la foulée de perdre leur toit, ainsi que leur réseau social. C’est le visage des gens à risque de tomber dans l’itinérance et il est important de s’occuper d’eux notamment à travers la construction de logements sociaux, mais aussi en haussant encore le salaire minimum.

Que répondez-vous à ceux qui croient que les refuges entretiennent l’itinérance?
Les refuges et les ressources pour itinérants offrent une dignité minimale, c’est-à-dire, un toit, la possibilité de prendre une douche, des vêtements de rechange et un repas. En outre, on y offre par exemple plusieurs programmes favorisant la réinsertion par le travail et la possibilité de trouver une place en logement social. Le problème c’est que ces deux avenues qui offrent des résultats probants sont actuellement très peu soutenues dans les différentes politiques du gouvernement du Québec.

La Nuit en bref:

  • 18h : marche à partir du square Phillips
  • 19h : Animation et allocutions à la place Pasteur

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