Le maire de Montréal, Denis Coderre, a nié avoir fait de l’ingérence politique en demandant en 2014 au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) de se pencher sur des fuites policières vers les médias dont il faisait l’objet.

M. Coderre réagissait aux allégations de La Presse, qui affirmait lundi matin que les appels entrants et sortants de son journaliste, Patrick Lagacé, avaient été épiés en 2014 par le SPVM suite à des questions qu’avaient posées le journaliste à l’attachée de presse du maire. M. Lagacé enquêtait sur une histoire d’une contravention qu’avait reçue M. Coderre alors qu’il était député fédéral de Bourassa pour le Parti libéral du Canada.

Le maire a expliqué s’être senti «victime» d’une possible traque en raison de différends entre la Fraternité des policiers et son administration, puisque plusieurs histoires émanant possiblement de sources policières et le visant avaient frayé les journaux. Le maire a affirmé que des policiers auraient pu couler des éléments de son dossier à des journalistes dans le but de perturber les négociations salariales entre la Ville et le syndicat des policiers.

M. Coderre a assuré que c’est à titre de «citoyen» et non de maire qu’il a demandé au SPVM de se pencher sur cette question et a nié avoir demandé de placer le journaliste sous surveillance.

«De dire qu’il a agi à titre de simple citoyen, c’est pire que de la naïveté ou de l’ignorance, c’est un manquement. C’est un manque de jugement profond sur son rôle de maire. Il faut qu’il arrête de se cacher. -Luc Ferrandez, chef de Projet Montréal»

«À un moment donné, je me dis, ‘est-ce que je me fais suivre, moi ? Est-ce que la question syndicale et patronale fait en sorte qu’on me checke en ce moment ? Est-ce que c’est légal, tout ça ?’, a affirmé le maire au 98,5 fm, lundi matin. J’ai demandé à M. Parent, ‘c’est tu légal cette affaire-là ? On est rendu à la troisième histoire. Et moi, je me demande si je me fais surveiller’.»

C’est suite à cette demande que le téléphone de M. Lagacé a été placé sous surveillance.

Le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, a balayé du revers de la main ces explications, et a demandé que le maire s’excuse pour ses agissements. «Ce matin, on comprend pourquoi le maire Coderre a défendu bec et ongles son chef de police et pourquoi il a pris l’affaire à la légère, a déclaré M. Ferrandez en point de presse. Il est personnellement impliqué dans cette affaire d’espionnage de Patrick Lagacé, c’est lui qui l’a déclenchée.»

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