Positionné comme un chef de file mondial du traitement de la fertilité, le Centre de fertilité du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a vu diminuer de plus de la moitié le nombre de ses patients ayant eu recours à la fécondation in vitro (FIV) depuis la fin du programme public, il y a environ un an.

Les responsables du centre ont accueilli mardi des journalistes dans leurs nouveaux locaux du centre-ville, ceux de l’ancienne clinique de fertilité du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, qui a fermé ses portes en juin dernier. Elisa Meliton, une patiente du centre en voie d’avoir son deuxième enfant in vitro, était sur place.

«Si j’avais dû payer tous mes traitements, je ne l’aurais pas fait. Ça m’aurait coûté au moins 60 000$ avec tous les cycles. Il y a déjà tellement de stress que la pression financière aurait été destructrice pour mon couple», a assuré Mme Meliton, même si elle considère son fils de deux ans et demi comme la plus grande joie de sa vie.

Mme Meliton n’est pas la seule à être rebutée par les coûts de plusieurs milliers de dollars associés à ces traitements depuis l’adoption du projet de loi 20 en novembre 2015, qui a mis fin à la gratuité de la FIV qui était en place depuis 2010. Le nombre de cycles de FIV effectués au Centre de fertilité du CUSM est passé de 1000 à 2000 par année, à un peu plus de 500 cycles en 2016.

«Ça a un grand impact. On a dû restreindre notre personnel en coupant six postes de laboratoires spécialisés et trois postes d’infirmières cliniciennes à temps plein, a souligné Lise Doiron, infirmière gestionnaire au centre. Aussi, plus on voit de patients, plus ça facilite notre mission académique et de recherche.»

De son côté, le Dr William Buckett, directeur médical, minimise l’effet de cette baisse sur la mission académique du centre pour l’instant. «On a déjà récolté les données dont on a besoin pour les recherches cliniques présentement en cours, a dit M. Buckett. C’est vrai qu’on va accueillir deux fellows – médecins en voie de spécialisation pointue –  au lieu de quatre par année. Mais on a encore assez de cycles de FIV pour former nos résidents et étudiants en médecine.»

Le Dr Buckett observe toutefois avec inquiétude depuis un an que plusieurs couples dont le seul recours est la FIV sont freinés dans leurs démarches. «Certains décident d’attendre d’avoir les moyens. Mais le taux de réussite est un peu moindre quand les patients sont plus âgés», a-t-il fait remarqué.

Le Centre de fertilité offre aussi des services couverts par le régime public, comme des diagnostics reliés à la fertilité, la préservation de la fertilité pour les jeunes atteints de cancer, des traitements pour améliorer l’ovulation, ainsi que certaines chirurgies.

Le nombre de cycles de FIV effectués au centre de procréation assistée du CHU Sainte-Justine a aussi baissé de façon «considérable» depuis un an, a confirmé le service des communications de l’établissement, malgré que certaines patientes du défunt centre de procréation assistée du CHUM y ait été transférées. Il n’a toutefois pas été possible d’obtenir des chiffres précis.

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