Métro Plusieurs manifestantes étaient masquées et vêtues d’un drap blanc.

Le Collectif des femmes sans statuts de Montréal a de nouveau interpellé le gouvernement Trudeau lors d’une manifestation dans le quartier Villeray, samedi.

Près d’un an après avoir demandé au premier ministre de se prononcer sur la question des immigrants sans statut au Canada, le Collectif n’a toujours pas obtenu de réponse.

Selon les membres du groupe, la situation est pourtant pressante, surtout pour les femmes.

«Les femmes sans statut sont particulièrement vulnérables, a expliqué Maria, membre du Collectif des femmes sans statuts de Montréal. Si elles sont victimes de violence domestique, elles ne peuvent aller à la police. Cette situation de vulnérabilité s’applique aussi dans le monde du travail. Quand le salaire minimum n’est pas respecté, lorsque les conditions minimales de sécurité au travail ne sont pas remplies, elles ne peuvent pas dénoncer parce qu’elles ont peur de ce que les patrons peuvent faire contre elles.»

«Si les femmes sans statut sont particulièrement vulnérables aux violences, c’est parce c’est notre société qui rend possible ces violences et ces abus, a lancé au micro Caroline Jacquet, de la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Ce sont nos lois qui les maintiennent dans l’illégalité, alors que personne n’est illégal.»

Parmi la centaine de manifestants, on retrouvait plusieurs femmes masquées et vêtues d’un drap blanc, symbole de leur invisibilité dans la société et du fait qu’elles ne peuvent s’afficher ouvertement sans risquer l’expulsion.

«Ces femmes doivent vivre cachées, a illustré Maria, qui veut pas donner son nom de famille pour des raisons de sécurité. Elles travaillent dans la restauration, dans l’hôtellerie, elles font partie de la société, elles participent à l’économie, mais on ne parle jamais de leur existence.»

Le nombre de personnes vivant sans statut au Canada est difficile à évaluer. Les estimations varient de 200 000 à 1 000 000, dont plusieurs dizaines de milliers au Québec. Sont notamment classés dans cette catégorie les travailleurs temporaires et les étudiants dont le visa est expiré, et les demandeurs d’asile qui ont vu leur demande rejetée.

Les femmes du Collectif appellent le gouvernement fédéral à offrir une solution collective aux personnes sans statut, plutôt que l’évaluation au cas par cas qui a cours en ce moment.

 

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