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Le projet de réforme de la Charte de l’Université de Montréal se fait dans une précipitation injustifiée et sans respecter les règles démocratiques, selon plusieurs syndicats et facultés de l’université montréalaise. Le principal intéressé se défend.

Lundi, lors de la présentation du projet de Charte devant l’Assemblée universitaire, une mise en demeure a été déposée afin de faire reculer le Conseil de l’université. Elle émane de Laurence McFalls, professeur au Département de sciences politiques. «On ne peut pas modifier une charte existante en faisant fi des règles prévues à cette même charte non encore modifiée», clame le professeur qui est soutenu par plusieurs organisations représentant employés, professeurs et étudiants de l’université.

La Charte d’une université détermine notamment le fonctionnement de la vie universitaire. À l’université de Montréal, il y a actuellement trois instances: le Conseil universitaire composé d’une vingtaine de membres (l’équivalent du conseil des ministres), l’Assemblée universitaire et sa centaine d’élus (professeurs, employés, étudiants, etc.) qui se réunit pour débattre et voter des projets relatifs à la vie universitaire. Et finalement, la Commission des études qui se penche sur le contenu des programmes.

«Le problème [de la réforme de la Charte], c’est qu’une seule instance (le Conseil universitaire) a décidé unilatéralement d’enlever du pouvoir décisionnel aux deux autres instances (l’Assemblée universitaire et la Commission des études) sans réellement les consulter et en faisant fi du processus démocratique prévu. C’est un coup d’État», déplore Emilie White, vice-présidente du Syndicat des employés de l’Université de Montréal.

Le recteur de l’université Guy Breton, qui a été mandaté par le Conseil pour revoir la Charte, invoque la nécessité de «redonner une plus grande place à nos diplômés et à moderniser le fonctionnement général de notre établissement». À l’inverse, des associations de professeurs et d’étudiants craignent que les nouvelles règles prévues n’ouvrent la porte à une privatisation de l’université.

Parmi les principales mesures décriées: le fait que la majorité des sièges au comité exécutif seraient donnés à des diplômés issus du secteur privé. Le recteur précise que ce comité technique vise essentiellement à analyser les contrats donnés à des tiers et donc que la présence d’observateurs extérieurs venu du secteur privé avec des compétences est la bienvenue.

Au-delà du contenu, les opposants au recteur déplorent aussi la rapidité avec laquelle ces changements sont apportés. «Les changements à la Charte ont été présentés juste avant le congé des Fêtes, alors que tout le monde était en fin de session. Cela laisse quelques semaines à peine pour effectuer un simili débat, alors que le projet de loi de la refonte a déjà été déposé à l’Assemblée nationale», précise Mme White.

La direction précise que des amendements pourront être apportés d’ici au 7 février, date limite à respecter pour que ce projet de loi privé soit inscrit à la prochaine rentrée parlementaire. Plusieurs rencontres sont prévues d’ici là. Pour les syndicats, il est absurde d’exiger des délais de consultation aussi courts, dans un contexte où la précédente refonte de la Charte en 1967, avait nécessité près de trois années de consultation.

«Oui la période est courte, mais c’est la fenêtre d’opportunité qu’on a étant donné que l’année 2018 sera une année d’élection», rétorque le recteur, avant de préciser «qu’en 1967, on partait de zéro. Là il s’agit de changements très précis qui n’ont pas la même ampleur». La direction de l’université affirme en outre ne pas mener cette réforme en catimini et avoir été transparente avec les différentes instances de l’université.

Voir la liste des modifications proposées : ici

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