Archives Métro Le directeur du SPVM, Philippe Pichet.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) lance un appel aux citoyens et leur demande «de dénoncer» tous les incidents et commentaires haineux lus notamment sur les réseaux sociaux.

«L’objectif, c’est de traiter ces incidents avant qu’ils ne deviennent des crimes. On veut travailler sur l’aspect préventif», explique Philippe Pichet, le directeur du SPVM, dans une entrevue accordée à Métro.

Depuis l’attentat terroriste à Québec dimanche dernier, ce dernier assure avoir eu 14 appels de citoyens dénonçant des incidents haineux. «C’est beaucoup», juge M. Pichet. S’il ne souhaite pas donner de précisions sur les motifs et origines de ces appels, M. Pichet reconnaît «deux commentaires désobligeants écrits sur les sites de différents médias». «Nos enquêteurs ont été en mesure de retracer les auteurs, de les rejoindre, et ils se sont dit très désolés», décrit le directeur du SPVM.

Depuis la création de l’unité des crimes et incidents haineux au sein du SPVM en mai 2016, 60 appels ont été reçus par les forces de l’ordre. Ceux-ci ont débouché sur «55 événements répertoriés comme incidents haineux.»

Prévoir l’impossible, c’est vraiment dur et le risque zéro n’existe malheureusement pas.»
Philippe Pichet, directeur du SPVM

«Une grosse partie doit être faite par les citoyens»
Alors que les crimes haineux ont bondi à Montréal de 24% entre 2014 et 2015, passant de 91 à 113 cas, le directeur du SPVM refuse de céder à l’inquiétude et certifie «ne pas avoir d’information spécifique qui nous ferait craindre à une menace dans un endroit de Montréal.»

«Est-ce qu’il y a plus de crimes haineux ou les gens sont-ils plus enclins à les dénoncer? Je n’ai pas la réponse. Une chose est sûre, on incite les gens à dénoncer», martèle M. Pichet, visant notamment les réseaux sociaux.

«On fait une certaine vigie, mais une grosse partie doit être faite par les citoyens qui ont connaissance de ces incidents. C’est important. Si on tolère ces commentaires, si personne ne s’en occupe, ça peut augmenter», imagine-t-il.

S’il reconnaît une situation «préoccupante», le patron du SPVM promet de «ne pas retirer de façon uniforme» ses effectifs qui ont été déployés, depuis dimanche soir, à proximité des multiples lieux de culte de la Ville afin «d’augmenter la visibilité» de la police et rassurer les différentes communautés religieuses.

«On est en lien avec les responsables de ces lieux. On verra au cas par cas, on mesurera le sentiment de sécurité. Et s’il faut adopter des mesures spécifiques à un endroit plus ciblé, on le fera.»

Philippe Pichet assure également que de nouveaux enquêteurs pourraient renforcer l’effectif de ce module des crimes et incidents haineux, composé actuellement de trois agents, dans les prochains mois.

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