Josie Desmarais/Métro François Marquette, président Conseil jeunesse de Montréal et Cathy Wong, présidente du Conseil des Montréalaise

Plus de travail pour les jeunes de la rue et une amélioration des relations entre les femmes itinérantes et la police sont notamment souhaités par des deux comités consultatifs montréalais. Le Conseil jeunesse de Montréal et le Conseil des Montréalaises demandent à la Ville des actions pour lutter contre l’itinérance touchant les jeunes et les femmes.

Au total, 21 recommandations ont été présentées à l’administration municipale mardi matin. Celles-ci visent «à mettre en lumière des situations vécues», explique Cathy Wong, présidente du Conseil des Montréalaises, présente en compagnie de plusieurs dizaines d’organismes à l’hôtel de ville pour la présentation de ces avis.

Interpellant directement le maire Denis Coderre, ces deux conseils consultatifs attendent un plan d’action adapté aux besoins exprimés par les femmes et les jeunes en situation d’itinérance. «C’est urgent de comprendre ces réalités spécifiques. Cette itinérance est peu visible, il faut la mettre en avant», reprend Cathy Wong, qui, parmi ses recommandations, souhaite une amélioration des relations «souvent tendues» entre les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et les femmes sans-abri.

Alors que le Conseil des Montréalaises développe également son envie de créer davantage de  logements sociaux, mais aussi des douches et des toilettes non mixtes «pour rendre la rue plus sécuritaire», le Conseil jeunesse de Montréal (CJM) veut «créer des ponts entre la population et les jeunes.»

«Il faut combattre les préjugés, reconnaître ce type d’itinérance et créer des liens. Il faut éviter de tourner le regard en voyant des jeunes itinérants», assure François Marquette, président de ce comité créé en 2002.

Ce dernier cible particulièrement la réinsertion des jeunes itinérants. Citant l’exemple du programme Tapaj, développé par l’organisme Spectre de rue dans l’arrondissement de Ville-Marie, qui s’adresse à près de 250 personnes vivant une grande précarité et éloignée du marché du travail, François Marquette veut mettre en place «des passerelles vers le marché du travail légal».

«Avec ce genre de programme, on permet à des jeunes de reprendre progressivement un travail en nettoyant les ruelles ou en participant à l’organisation d’un festival, détaille-t-il. On veut que Montréal fasse pression sur les autres paliers gouvernementaux pour étendre ces mesures. C’est une vraie passerelle.»

Responsable de ce dossier auprès de Projet Montréal, Sterling Downey évoque «une situation vraiment préoccupante». «Il est temps de passer à l’action et d’avoir des financements pour répondre à ces préoccupations. Il faut arrêter d’en parler, mais agir», clame l’élu de Verdun, membre de l’Opposition officielle.

Au cours de cette conférence, le maire Coderre a promis d’analyser ces recommandations. Il a toutefois refusé de répondre aux questions des journalistes à ce sujet.

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