Utiliser un mot de passe dans les bars pour permettre aux potentielles victimes de violence sexuelle d’être protégée, telle est l’idée de l’Alliance pour la santé étudiante au Québec (ASEQ).

Cette campagne, qui devrait être lancée dès l’automne 2017 auprès des bars qui s’associeront à cette démarche, vise à s’attaquer aux violences à caractère sexuel, notamment dans les établissements fréquentés par la communauté étudiante.

À tout moment, lorsqu’une personne se sentira en situation d’insécurité, elle pourra interpeller un employé du bar et commander un «Angelot», le nom de code de cette initiative présentée dimanche matin par l’ASEQ et soutenue par les campagnes «Sans oui, c’est non» et «Ni viande ni objet», dont le protocole sera notamment placardisé à l’entrée des établissements et dans les toilettes des femmes.

Aucune justification nécessaire
Selon son degré d’inquiétude face à un individu qui pourrait se montrer insistant ou menaçant, cette personne aura à sa disposition trois manières de signifier sa situation. Si elle commande ce cocktail imaginaire «sans glace», un membre du personnel l’accompagnera dans un lieu sûr de l’établissement. La potentielle victime pourra alors prendre la décision de demeurer au bar ou de partir.

Si elle indique une telle boisson «avec glace», le bar s’engagera à l’aider à quitter les lieux en toute sécurité et à lui appeler, si nécessaire, un taxi. «Ça se fera en parfaite confidentialité, a promis Patrice Allard, vice-président de l’ASEQ, qui, à terme, espère convaincre l’ensemble des bars du Québec. La personne n’aura jamais à se justifier. On veut qu’elle puisse dénoncer des comportements sans le moindre jugement.»

Pour les cas d’extrême urgence, un «Angelot avec de la lime» signifiera une agression en cours ou une suspicion d’intoxication, notamment par la drogue du viol. La police pourra être appelée sur les lieux, selon la volonté de la victime potentielle ou de son entourage, qui, le cas échéant, sera en mesure d’utiliser le même code pour prévenir le personnel.

«Tolérance zéro»
Version québécoise des «Angel shots» américains et du «Ask for Angela» anglais, cette campagne intitulée «Commande un Angelot» serait «une pierre extrêmement important un mouvement qui ne doit pas s’arrêter», a jugé la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, présente lors de cette conférence de presse.

«Il faut une tolérance zéro, a-t-elle indiqué. Il est plus que temps que le Québec se mette aussi en marche pour changer les cultures. On ne peut plus se permettre de ne rien faire, d’être insensible et passif.»

Alors que des formations seront données aux propriétaires ou gérants des bars partenaires, qui seront alors chargés d’alerter leur personnel, cette initiative semble bien accueillie.

«C’est hyper important de sécuriser notre clientèle, a souligné Benoit Morion, patron du Resto-bar La Maisonnée, situé à proximité de l’Université de Montréal, l’un des premiers établissements à adhérer à cette campagne. En début d’année, lors des soirées d’intégration, on voit parfois des situations malaisantes. Mais il y a souvent une crainte de parler, et les gens quittent sans rien dire. On espère que les mentalités changeront.»

Le Pub universitaire de l’Université Laval, situé à Québec, s’est également engagé à soutenir cette initiative.

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