À moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle française prévu le 23 avril, les comités de soutien des principaux candidats s’activent à Montréal. Alors que François Fillon, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron sont tous représentés au Québec, seule manque à l’appel Marine Le Pen. Tour d’horizon dans une métropole qui accueille près de 120 000 Français.

François Fillon: «Le seul qui puisse redonner sa fierté à la France»

«La France est au fond du gouffre, c’est vraiment lamentable. Depuis l’arrivée de la gauche, c’est une catastrophe et je ne suis vraiment pas fier d’être français. Je suis heureux de vivre au Canada», clame Michel Homatter. À la tête du comité de soutien canadien de François Fillon, qui compterait «entre 400 et 500 personnes», ce président d’un bureau d’ingénierie, qui réside à Montréal depuis 28 ans, se montre très virulent à l’égard du gouvernement actuel. «On est vraiment la risée des autres pays et François Fillon est le seul qui puisse redonner sa fierté à la France», reprend-il.

Alors qu’il s’apprête à organiser «un événement important» à la fin de mars, Michel Homatter reconnaît avoir été «un peu chahuté et déstabilisé» ces dernières semaines, après la mise en examen de son candidat et des soupçons de fraude. Pourtant, dit-il, «très peu» de membres ont quitté son comité. «Personne n’est blanc ou noir et que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre, objecte-t-il. Il y a des choses plus graves et pour nous, ça n’entache pas la fonction. Avant tout, on trouve que son programme est supérieur aux autres.»

En compagnie de la section montréalaise des Républicains, différentes soirées ont déjà été mises en place à l’Auberge Saint-Gabriel, dont l’une, à la mi-février, sur le thème de l’économie numérique, avec notamment Harout Chitilian, vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, comme invité.

Emmanuel Macron: «Au-delà des partis»

Les sympathisants du candidat de 39 ans, favori pour l’instant des sondages, semblent avoir le vent en poupe à Montréal.

Deux fois par semaine, les mardis et samedis, les membres du comité montréalais d’En Marche, le parti créé durant l’automne dernier par l’ex-ministre de l’Économie, se retrouvent au Pourvoyeur, dans le quartier de Rosemont-La Petite-Patrie. Des conférences sont également organisées avec différentes personnalités, comme ç’a été le cas début mars avec Laurence Haim, ex-journaliste accréditée à la Maison-Blanche et porte-parole d’Emmanuel Macron, présente par visioconférence.

«Il peut y avoir jusqu’à 200, 300 personnes à nos événements. Je suis vraiment impressionné par cet engouement», révèle Christopher Weissberg, 31 ans, en charge de ce comité qui revendique près de 200 membres et une trentaine de bénévoles «très actifs».

Installé à Montréal comme résident permanent depuis un an, ce franco-américain, ancien militant socialiste, évoque «une élection historique». «J’ai l’impression que les jeunes, notamment, sont très en demande, explique-t-il. Beaucoup n’adhèrent plus aux partis traditionnels et se retrouvent dans la vision de Macron, qui se veut au-delà de ces partis.»

Benoît Hamon: «On essaye de garder le cap»

Alors que Montréal avait majoritairement soutenu Ségolène Royal en 2007 puis François Hollande en 2012, le comité de soutien de Benoît Hamon se montre un brin plus pessimiste cinq ans plus tard. Si aucun sondage n’envoie le candidat du PS au second tour, l’équipe de campagne montréalaise tente néanmoins de garder le sourire.

«La conjoncture est différente, admet Ramzi Sfeir, responsable de ce comité qui revendique 400 sympathisants. On essaye de garder le cap et on n’a pas le choix de rester confiant.»

Avec l’appui d’une trentaine de bénévoles, cette section socialiste québécoise prévoit l’organisation de 5 à 7 dans les prochaines semaines, des activités de porte-à-porte et des appels téléphoniques auprès des Montréalais ayant notamment voté lors des primaires socialistes. «On va également rencontrer les étudiants français dans les universités, précise Etienne Schmitt, secrétaire adjoint de ce comité, qui perçoit un intérêt accru au fil des semaines pour cette élection. On sent pas mal de motivation et d’enthousiasme. Les Français ont toujours un œil sur la mère patrie.»

Jean-Luc Mélenchon: «Une grande énergie»

Les 85 membres des Insoumis de Montréal, le parti de Jean-Luc Mélenchon, déjà candidat en 2012 et en visite au Québec en avril 2016, s’organisent à moins d’un mois de cette élection. Après la tenue de deux rencontres ce mois-ci devant une centaine de personnes, une soirée de présentation du programme, suivie d’un débat, aura lieu le 8 avril.

«On compte également réaliser du porte-à-porte», indique Thibault Froehlich, l’un des représentants de ce comité. Étudiant en droit à l’Université de Montréal, ce Français de 19 ans, évoque «une campagne absolument folle avec énormément de gens indécis». Il se montre confiant pour le prochain scrutin et explique partager quelques idées communes avec les sympathisants d’Emmanuel Macron.

«Nous sommes des mouvements neufs, avec une grande énergie, et ça touche les Français de Montréal, juge-t-il. On sent une volonté de changement du système, des institutions et des élus qui n’appliquent pas le programme pour lequel on les a mis au pouvoir.»

Une élection en chiffres
58 324 Français installés à Montréal sont inscrits sur les listes électorales consulaires (44 102 en 2012). Seules Genève, Londres et Bruxelles comptent davantage d’électeurs français inscrits en-dehors de l’Hexagone.
120 000 Français vivraient dans le grand Montréal.
24 bureaux de votes seront ouverts à Montréal les 22 avril et 6 mai, soit une journée avant la France métropolitaine.
11 candidats déclarés (Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, Benoît Hamon, Jean Lassalle, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou).

Quels résultats en 2012?
33% Le score obtenu à Montréal au premier tour par François Hollande qui devançait Nicolas Sarkozy (26,37%), François Bayrou (13,44%), Jean-Luc Mélenchon (10%) et Marine Le Pen (6,82%). Au second tour, François Hollande (57,74%) avait également dominé Nicolas Sarkozy (42,26).
39,59% Le taux de participation des Français à Montréal au premier tour en 2012.

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