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La Commission scolaire de Montréal (CSDM) évalue que, d’ici la prochaine rentrée, elle devra recruter jusqu’à 850 enseignants, un nombre exceptionnel par rapport aux dernières année.

«On a un défi de recrutement chaque année, mais cette fois-ci, il est majeur», a admis la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, en entrevue avec Métro. La CSDM embauche bon an mal an de 600 à 650 enseignants.

Les nouveaux employés que tentera de trouver la CSDM seront appelés à enseigner à des élèves du préscolaire, du primaire, du secondaire ainsi qu’à ceux qui éprouvent des difficultés particulières. Ils remplaceront les enseignants qui prendront leur retraite, ceux qui s’absenteront temporairement pour un congé de maladie ou de maternité ainsi que ceux qui décideront d’exercer un nouveau métier. D’après une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, datant de 2015, le quart des jeunes enseignants quittent la profession au cours des cinq premières années de leur pratique en raison de la lourdeur de la tâche.

En grande partie attribuable au baby-boom, l’arrivée de nouveaux élèves à la prochaine rentrée scolaire, au nombre d’un millier d’après les estimations de la CSDM, oblige également celle-ci à embaucher «au minimum» 60 enseignants pour ouvrir de nouvelles classes, sans compter les professionnels qui devront être engagés pour les épauler.

La CSDM a aussi considéré dans son évaluation «les mesures probantes» que Québec pourrait adopter et qui permettrait de débloquer des fonds pour des services d’aide aux élèves. L’an passé, à pareille date, la plus grande commission scolaire du Québec avait reçu 15M$ pour l’embauche d’orthopédagogues, d’orthophonistes, de conseillers pédagogiques, de psychologues et de techniciens en éducation spécialisée, de même que de professionnels pour l’aide aux devoirs au secondaire.

Mme Harel Bourdon «souhaite ardemment que le budget [de cette semaine] prévoit du nouvel argent pour venir soutenir les élèves, mais il faut que [le gouvernement] nous donne une marge de manœuvre. Si on est 72 commissions scolaires à chercher des gens pour les mêmes postes, c’est-à-dire orthopédagogue, orthophoniste, enseignement primaire premier cycle et préscolaire, c’est sûr qu’on ne trouvera pas.»

Le ministre de l’Éducation, des Loisirs et des Sports, Sébastien Proulx, a dit comprendre les difficultés de recrutement de la CSDM. «On va y réfléchir pour s’assurer d’avoir de la flexibilité», a -t-il mentionné la semaine dernière, lors de son passage à Montréal. Il faisait alors référence aux règles budgétaires qui définissent précisément les professionnels à embaucher pour les services d’aide aux élèves.

M. Proulx a également mentionné qu’il existe une concurrence entre les services publics, ce qui accroît les difficultés de recrutement. Les orthophonistes sont recherchés à la fois par les commissions scolaires que par les hôpitaux, a-t-il donné comme exemple.

La CSDM élabore un plan pour faciliter le recrutement et surtout la rétention de son personnel. Elle est pour ce faire en discussion avec plusieurs acteurs montréalais des secteurs public et privé.

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