Josie Desmarais | Métro Un bus électrique de la STM.

Après quelques délais, la Société de transport de Montréal (STM) ouvre graduellement au public les trois autobus 100% électriques de la ligne 36 Monk à partir de mercredi.

Les autobus étaient testés depuis le début de l’année avec des sacs de sable simulant des passagers. Imaginés à partir d’un châssis d’autobus standard de la marque Nova Bus, les trois prototypes roulent uniquement à l’électricité et se rechargent à chaque bout de ligne par le toit grâce à un système de biberonnage, une méthode de recharge par induction où les bras électriques se déploient au-dessus de l’autobus à l’arrêt pour le recharger par le toit.

«Aujourd’hui, il ne s’agit pas juste de la mise en service de trois autobus électriques, il s’agit du début d’une transition vers l’électrification complète des autobus de la STM», a déclaré le maire Denis Coderre en conférence de presse mardi.

Malgré quelques retards liés notamment à la complexité du projet (le tiers des 10 000 pièces du bus sont nouvelles), celui-ci est jusqu’ici un succès d’après la STM. Cinq minutes de recharge en bout de ligne permettent à l’autobus de parcourir les 10 kilomètres que comptent la ligne 36-Monk.

Malgré tout, François Chamberland, responsable de l’ingénierie à la société de transport ne croit pas que toute la flotte sera équipée de ce type d’autobus en 2025, année à partir de laquelle la STM compte acheter uniquement des véhicules électriques.

«Dans le domaine du transport, le one bus fits all, c’est dépassé», a-t-il déclaré lors du Sommet mondial des transports publics qui se tenait à Montréal la semaine dernière. À l’émission Découverte, M. Chamberland avait souligné que les temps de recharge similaires pour les 1400 autobus de la STM feraient perdre 10% de productivité à la société de transport.

Le temps perdu en recharge devrait être comblé par l’achat de près de 250 autobus supplémentaire, ce qui impliquerait aussi d’embaucher plus de chauffeurs et de construire plus de lieux d’entreposage. Bref, les gains en carburant et en entretien, seraient complètement annihilés par ces nouvelles contraintes.

Une opinion partagée par Philippe Schnobb, président de la STM. «Ce projet pilote est inclus dans un programme plus vaste, Cité Mobilité, où différentes villes testent différentes technologies afin de voir lesquelles correspondent le mieux à leurs besoins opérationnels. À terme, il y aura peut-être plusieurs technologies qui cohabiteront», a-t-il déclaré en conférence de presse.

L’autobus 100% électrique de Nova Bus a été développé à Saint-Eustache. Certaines pièces sont déjà utilisées en Suède par Volvo, entreprise qui possède Nova Bus, mais le moteur a été conçu par TM4, une filiale d’Hydro-Québec installée à Boucherville. Des éléments de sécurité ont été ajoutés à la demande de la STM, dont de petits haut-parleurs extérieurs qui émettent un léger sifflement pour éviter de surprendre les piétons et les cyclistes, car l’autobus n’émet quasiment aucun bruit.

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