Jeff McIntosh/THE CANADIAN PRESS

Des opposants au rodéo, qui doit se tenir à Montréal cet été, s’adressent aux tribunaux pour faire annuler l’événement.

Une demande d’injonction interlocutoire vient en effet d’être déposée par Alain Roy, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, aidé de ses étudiants.

Ces derniers invoquent la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal entrée en vigueur il y a 18 mois, notamment la disposition qui interdit qu’un animal soit «exposé à des conditions qui lui causent une anxiété ou une souffrance excessives».

La loi québécoise étant relativement récente, il n’existe encore aucune jurisprudence, mais Vancouver et des villes américaines interdisent la pratique du rodéo sur leur territoire depuis quelques années, souligne Alain Roy. «On va présenter les travaux d’une vétérinaire du Vermont spécialisée en rodéo et des statistiques qui indiquent qu’il y a des blessures causées aux animaux dans 18% des rodéos», indique le professeur de droit.

La Société pour la prévention de la cruauté des animaux (SPCA) de Montréal est elle aussi contre l’événement et finance d’ailleurs les frais extrajudiciaires de la démarche de contestation. La campagne de mobilisation Non au rodéo a déjà obtenu plus de 22 400 signatures. En entrevue à Métro, Me Sophie Gaillard, avocate au département de la défense des animaux à la SPCA de Montréal avait déclaré à la fin du mois d’avril que ce genre d’évènement «est un acte barbare qui soumet les animaux à des souffrances inutiles dans le seul but de divertir».

«Pour les faire ruer, on serre une sangle autour d’une partie sensible et des éperons sont utilisés pour accentuer la panique de l’animal afin qu’il se débatte le plus possible», avait-elle ajouté.

Pour Maxime Lefebvre, producteur de l’évènement chez TKNL, ces accusations démontrent le manque de connaissance complet du monde du rodéo. «On prend un très grand soin des animaux, ce sont les vedettes du spectacle», déclare-t-il.

Et si les chevaux ruent pour se débarrasser du cow-boy, «cela fait partie d’un entrainement et même d’un jeu». «Le cow-boy ne fait qu’amplifier les réaction du cheval avec des outils qui n’ont rien de dangereux», ajoute M. Lefebvre. Il précise notamment que les éperons m’ont plus rien de tranchant et sont remplacés par des roulettes.

Invitée fin avril à répondre aux arguments de la SPCA, la vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal, Anie Samson, avait déclaré que «pour [l’administration municipale], la santé de l’animal est prioritaire». Elle avait ajouté par la suite «avoir eu l’assurance que les chevaux seront bien traités et que des vétérinaires seront sur place». «Ce sera une démonstration, les chevaux ne seront pas obligés de performer», avait-elle dit.

Les activités liées à l’utilisation des animaux dans le cadre d’expérimentation, de l’enseignement et de l’agriculture sont soustraites à certaines protection de la loi, mais selon Alain Roy, cela ne concerne pas les activités dites récréatives telles que le rodéo.

L’évènement ayant lieu à la mi-août, le professeur s’attend à être entendu par un juge au mois de juin ou de juillet. Les parties intimées sont la Société des célébrations du 375e, la Ville de Montréal, ainsi que les organisateurs (TKNL et le Festival western de Saint-Tite).

 

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