Jo-Anne McArthur/ We Animals

Alors que Montréal compte organiser un rodéo cet été dans le cadre du 375e anniversaire de la Ville, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) lance une campagne pour faire annuler cet événement.

«C’est un acte barbare qui soumet les animaux à des souffrances inutiles, dans le seul but de divertir», s’indigne Me Sophie Gaillard, avocate au département de la défense des animaux à la SPCA de Montréal.

Après avoir déjà publié un message d’indignation sur les réseaux sociaux en début d’année, l’organisme vient de lancer ce jeudi une campagne intitulée Vive Montréal sans rodéo! Son objectif? Faire annuler cet événement prévu dans le Vieux-Port du 24 au 27 août prochain.

650 professionnels de santé animal en soutien
«Ces chevaux risquent des blessures pouvant mener parfois à la mort. Ils vivent une détresse et une souffrance psychologique durant un rodéo, explique Me Gaillard. Pour les faire ruer, on serre une sangle autour d’une partie sensible et des éperons sont utilisés pour accentuer la panique de l’animal afin qu’il se débatte le plus possible.»

Jugeant que le rodéo «n’a aucun lien historique avec Montréal», la SPCA de Montréal a obtenu le soutien, dans sa démarche, de près de 650 vétérinaires et techniciens en santé animal québécois. En février, ces derniers ont cosigné une lettre adressée au maire Denis Coderre dans laquelle ils dénoncent «un sport brutal envers les êtres vivants sensibles qui sont l’objet du divertissement.»

«Il y a bien sûr la question de la souffrance de l’animal, mais on ne veut surtout pas que le rodéo s’instaure à Montréal et devienne une routine annuelle», assure le Dr Jean-Jacques Kona-Boun, à l’origine de ce message, en entrevue à Métro.

«Les chevaux ont joué un rôle dans la construction de Montréal, mais le rodéo n’a rien à faire dans le 375e qui doit célébrer l’histoire de la Ville. Dans ce cas, autant célébrer les Monster Truck puisqu’on en voit de temps en temps au Stade olympique!» – Sterling Downey, élu de Projet Montréal

«La santé de l’animal est prioritaire»
Depuis l’annonce en novembre 2016 de ce NomadFest Rodéo Urbain, cet événement ne cesse de créer des remous. Questionnée à de multiples reprises lors des derniers conseils municipaux par Projet Montréal, l’opposition officielle, mais aussi des citoyens opposés à ce festival country, l’administration ne cesse de mettre en avant «le respect du cheval».

Pour le maire Denis Coderre, cet animal «fait partie de la signature de Montréal». Un avis partagé par Anie Samson, en charge du dossier animal à la Ville, qui garantit pour sa part le bien-être du cheval.

«Pour nous, la santé de l’animal est prioritaire», souligne la mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, interrogée par Métro, qui défend l’événement tout en ayant souligné, au cours du dernier conseil municipal ne pas être «une fan du rodéo».

«On a eu l’assurance qu’ils seront bien traités et des vétérinaires seront sur place, reprend-elle. Ce sera une démonstration, les chevaux ne seront pas obligés de performer. Il y aura aussi des activités familiales. Je comprends que certains soient contre, mais les gens qui ne sont pas contents ne sont pas obligés de venir.»

L’élue affirme qu’il n’y a à ce jour «aucune demande» pour l’organisation d’autres rodéos dans Montréal. Et si une telle proposition survient? «C’est hypothétique, on va déjà voir comment ça se passe», répond-elle, sans fermer la porte.

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