Assemblée nationale L'Assemblée nationale française

Après avoir élu un nouveau président de la République, les Français vont élire 577 députés qui intégreront les rangs de l’Assemblée nationale à Paris. Fait peu répandu dans le monde, les électeurs français installés au Québec vont eux-aussi choisir leur élu (les 3 et 17 juin) qui représentera les Français vivant en Amérique du Nord.

Pourquoi la France ?
Une révision constitutionnelle effectuée en 2008 a permis d’introduire la représentation des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale, à travers 11 députés, élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Ceux-ci représentent les 2,3 millions de Français établis hors de l’Hexagone. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter et qui a poussé la diplomatie tricolore à s’ajuster. «Il fallait prendre en compte ces Français qui ont fait le choix de l’expatriation pour qu’ils ne se sentent pas coupés de la France, indique Eric Navel, porte-parole de l’ambassade française au Canada. La France prend à cœur l’avis de ses ressortissants et veut être toujours présente pour eux le plus possible.»

Un député comme un autre
Pour la deuxième fois de l’histoire après les législatives de 2012, des résidants québécois s’apprêtent à choisir un député français. Mais quel est son rôle ? «C’est un député comme un autre qui représente la nation dans sa globalité et prend part au vote des lois», précise Eric Navel. Pourtant, cet élu a sa propre spécificité. «Les Français de l’étranger sont souvent montrés du doigt, explique le député sortant, Frédéric Lefevre (Les Républicains), qui précise vouloir changer leur perception sur le sol métropolitain. Lorsque l’on parle d’eux dans le débat public, on en parle avec les termes d’exilés fiscaux ou de fuite de cerveaux. Cette image est non seulement fausse mais l’avenir de la France repose en grande partie sur tous ces Français qui vivent en dehors des frontières de l’Hexagone.»

Mais un rôle important
Les candidats à ce poste mettent tous en avant l’importance d’un député de l’étranger. «On peut jouer un rôle dans la reconnaissance des diplômes à l’étranger, les accords de sécurité sociale, les retraites, les conventions fiscales ou les questions d’héritage en vivant hors de France», assure le Montréalais Yan Chantrel, candidat pour le Parti socialiste. Ancien vice-président de la Caisse des dépôts et des placements du Québec, Roland Lescure, candidat d’Emmanuel Macron, évoque quant à lui la défense «de l’éducation en français dans tout l’Amérique du Nord», alors que Clémentine Langlois, qui représente la France Insoumise, souhaite «développer l’accès aux soins» pour les Français de l’étranger, qui, sauf dispositions spéciales, ne bénéficient plus du système de protection français une fois à l’étranger.

Une pratique peu commune
Le Canada dispose de plus de 260 bureaux, situés dans quelque 150 pays étrangers. Pourtant, aucun des 338 députés du Parlement d’Ottawa ne représente spécifiquement les Canadiens vivant hors du pays. Et ce n’est pas prêt de changer. Alors que près de trois millions de Canadiens résident à l’extérieur du pays, «le Canada n’a actuellement aucune intention de créer des circonscriptions à l’étranger pour les votants», précise le ministère des Affaires étrangères. Rare sont d’ailleurs les pays à disposer de parlementaires dédiés. Ni les États-Unis, l’Allemagne ou encore le Royaume-Uni n’ont mis en place une telle pratique, contrairement au Portugal, la Croatie, l’Italie ou encore la Colombie et l’Algérie.

Les 19 candidats de la 1ère circonscription des Français de létranger
Roland Lescure (REM), Julie Morel (COM), Arnaud Dumas de Rauly (DIV), Elise Desaulniers (DIV), Frédéric Lefebvre (LR), Jocelyne Le Boulicaut (ECO), Christine Agathon-Burton (DIV), Laure Pascarel (DVG), Damien Regnard (DVD), David Sanchez David (DVG), Vincent Boileau-Autin (DVG), David Lawson (DIV), Florent Fernandez (DIV), Yan Chantrel (SOC), Fanny Etter (DIV), Balie Topla (DIV), Denis Franceskin (FN), Clémentine Langlois (FI)

Les élections législatives se dérouleront en Amérique du Nord les 3 et 17 juin. Les Français de Montréal pourront voter au Collège Stanislas, dans l’arrondissement d’Outremont (et non au Collège Marie de France, comme cela avait été mentionné par erreur, dans un courrier, par le Consulat de France à Montréal).

 

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