Chantal Lévesque/Archives Métro Roland Lescure a été élu sous la bannière du parti d’Emmanuel Macron, La République en marche, avec près de 80 % des suffrages, dimanche, lors du second tour des élections législatives françaises.

Élu dimanche député des Français d’Amérique du Nord, le Montréalais Roland Lescure, 50 ans, s’apprête à débuter «une nouvelle vie». L’ancien vice-président de la Caisse des dépôts et des placements du Québec (CDPQ) veut s’inspirer des pratiques canadiennes et américaines pour «transformer la France».

Comment voyez-vous votre nouveau rôle de député?
Ma vie quotidienne va se partager dans des proportions que j’ai encore dû mal à évaluer, entre Montréal et l’Assemblée nationale, à Paris. Mais je vais être un député comme les autres, qui va voter des lois, mais qui va aussi challenger le gouvernement. Je veux être actif dans l’exécution des lois et pas seulement dans l’écriture. Puis, il faudra aussi représenter une circonscription énorme, avec près de 200 000 Français qui vivent en Amérique du Nord.

Vous vivez à Montréal depuis 2009. Comptez-vous vous inspirer de votre expérience canadienne?
Je pense vraiment que l’ensemble des Français qui vivent ici peuvent aider à transformer la France. On va créer une agora virtuelle qui sera une plate-forme dans laquelle les Français pourront nous faire part de leurs remarques et idées. Il y a de bonnes idées à prendre, notamment dans le rapport avec l’entrepreneuriat, plus positif ici, et qui peut sans doute être simplifiée et pacifiée en France, où l’on a souvent eu des problèmes avec le succès. Il y a aussi la façon de développer le réseau ou la pratique du mentorat dont on peut s’inspirer.

En quoi votre passé à la CDPQ peut-il vous aider?
J’ai eu une expérience dans la gestion d’enjeux globaux dans un monde complexe, avec l’idée de favoriser le développement économique dans une logique d’investissement et non de subvention. On avait aussi une vision à long terme que la France peut développer. Paris peut par exemple jouer un rôle différent des places financières de Londres ou Francfort, notamment avec des projets qui favorisent l’environnement et le développement durable. Il faut penser à long terme.

Durant votre campagne, vous défendiez l’enseignement en français en Amérique du Nord. Est-il déficient?
Les Français vivant à l’étranger ont évolué depuis 20 ans. Avant, les expatriés français voulaient trouver un enseignement cohérent et homogène à travers le monde et changeaient de villes, à la demande des employeurs. Maintenant, on retrouve de plus en plus de Français enracinés, qui s’installent longtemps et qui sont même en couple avec des locaux. On ne veut plus un enseignement à la française, mais un enseignement du français. Au Québec, c’est évident, mais aux États-Unis ou dans le reste du Canada, ce n’est pas aussi facile. Il faut réfléchir et s’adapter à la demander, offrir plus de cours de français le samedi par exemple et ne pas compter seulement sur les lycées français. Et lorsque ces Français veulent rentrer, il faut aussi les aider.

Le retour en France est-il compliqué?
C’est un cauchemar un peu kafkaïen. Avant d’avoir droit à nouveau à une protection sociale, il faut attendre jusqu’à trois mois. Rentrer, c’est très compliqué et ça ne devrait pas être un chemin de croix. Il faut rendre ce retour plus facile et inciter également à revenir des chercheurs, par exemple, qui ont décidé de vivre à l’étranger et qui ont du mal à faire reconnaître leur expérience en France. Avant, on considérait les Français de l’étranger comme des exilés, qui abandonnaient le pays. Heureusement, c’est en train de changer.

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