Mario Beauregard | Métro

Les partis d’opposition à l’hôtel de ville de Montréal réclament une «totale transparence» de l’administration Coderre afin de connaître l’ensemble des coûts payés par la Ville dans l’organisation des deux courses de Formule E le week-end dernier.

«Il y a trop de questions qui restent sans réponse, clame Marvin Rotrand, chef de Coalition Montréal. La vigueur avec laquelle le maire évite les questions fait craindre le pire. Nous sommes en droit de connaître la vérité.»

Reprochant l’attitude «cavalière» du maire de Montréal, Denis Coderre, sur ce dossier, le conseiller de Snowdon «demande une mise à jour complète» au cours de la prochaine séance du conseil municipal, prévue le 21 août. Ce dernier, qui souhaite voir les dépenses de la Ville, mais également les revenus générés par la Formule E, est appuyé par Projet Montréal, qui attend «les vraies données», et Vrai changement pour Montréal (VCPM), les deux autres partis de l’opposition municipale.

«Il est normal que les Montréalais puissent avoir accès à tous les chiffres», confirme Justine McIntyre, chef de VCPM, alors que Valérie Plante, chef de Projet Montréal, a quant à elle réclamé mardi «un bilan clair sur l’impact financier» de ces courses.

«Demander la transparence sur cet événement organisé avec de l’argent public, c’est le minimum.» – Marvin Rotrand, chef de Coalition Montréal

Marvin Rotrand déplore «l’opacité» et «les secrets» autour de cet événement qui aurait rassemblé, selon Evenko, 45 000 personnes. Le promoteur a cependant refusé d’indiquer le nombre de billets vendus, alors que de nombreuses invitations ont été distribuées.

Rien non plus n’a filtré pour l’instant au sujet de l’éventuelle utilisation de la marge de crédit de 10M$ accordée par la Ville à l’organisme à but non-lucratif, Montréal c’est électrique, en charge de l’organisation. «Avec la distribution de beaucoup de billets gratuits, les coûts pour la Ville pourrait être bien plus élevés qu’annoncés», reprend Marvin Rotrand, qui explique craindre pour la rentabilité de cet évènement.

«Il faut un portrait complet, exact et précis afin de faire des ajustements pour l’an prochain, insiste Justine McIntyre, qui réclame également de voir l’entente entre la Ville de Montréal et la Formule E. «Confidentielle» selon l’administration, celle-ci doit être «dévoilée publiquement», ajoute la conseillère de Pierrefonds-Roxboro. «C’est d’intérêt public puisqu’on parle d’argent public», justifie-t-elle, avant d’évoquer un évènement qui serait «le dada» du maire Coderre.

«[La Formule E] a toutes les allures d’un party privé pour le maire qui a été obligé d’inviter et de payer des gens pour venir.» – Justine McIntyre, chef de VCPM

Ces partis réclament également des réponses au sujet des frais liés au temps supplémentaire accordé aux employés municipaux, au coût des services policiers durant cette fin de semaine ainsi que celui de la gratuité des transports en commun. Le «mystère» autour de la somme dépensée pour la venue de la mannequin Kate Upton doit également être levé, assure Marvin Rortrand.

«Ni MCE, ni la Ville, ni Evenko n’a payé pour accueillir Kate Upton», indique néanmoins Coralie-Jade Fournier, porte-parole de MCE.

«Mais si la Ville a versé de l’argent public à une instance indépendante, qui a ensuite payé pour la faire venir, on doit le savoir», réplique Marvin Rotrand.

L’agence représentant Kate Upton a affirmé, auprès de différents médias, qu’un cachet de 150 000$ est habituellement demandé pour le déplacement de leur clientèle. L’actrice, qui a dévoilé de nombreuses photos de sa présence à Montréal sur les réseaux sociaux, a remis un prix samedi soir, au terme de la première course de Formule E.

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