Mario Beauregard/Métro Marc-André Gadoury, d'Équipe Coderre, Jean Fortier, de Coalition Montréal et Marianne Giguère, de Projet Montréal

Ligne aérienne, réseau express ou incitatifs financiers pour utiliser le vélo: chaque parti a présenté mardi ses principales mesures en vue des prochaines élections municipales dans le cadre d’un débat organisé par Coalition Vélo Montréal. Un «enjeu politique» important, ont reconnu Marc-André Gadoury (Équipe Coderre), Marianne Giguère (Projet Montréal) et Jean Fortier (Coalition Montréal).

Une ligne aérienne pour Équipe Coderre
Alors qu’Équipe Coderre avait déjà annoncé sa volonté de créer 50 km de pistes cyclables chaque année, dans le but d’atteindre la barre des 15% des déplacements à vélo d’ici 15 ans (contre 3% actuellement), Marc-André Gadoury a surpris en annonçant une nouvelle mesure en cas de succès électoral. Le responsable du dossier vélo de l’administration Coderre veut créer «une colonne vertébrale» qui prendrait, à certains endroits, l’allure d’«une vélo route aérienne» entre la rivière des Prairies et le fleuve Saint-Laurent. Des «pentes douces», surélevées, seraient construites pour passer au-dessus des lignes ferroviaires du Canadien Pacifique. Ni échéancier ni coût n’ont été cependant avancés. «Ça semble une infrastructure lourde, coûteuse et difficile à entretenir l’hiver», a commenté Marianne Giguère. «Il y en a qui ont du rêve, nous on a plan», lui a répondu le candidat au poste de maire de Rosemont–La Petite-Patrie. «Les gens qui habitent Saint-Laurent ou Cartierville auront accès au centre-ville avec beaucoup moins d’efforts que présentement», a-t-il ajouté, précisant également qu’un Bureau des cyclistes et des piétons verrait aussi le jour pour «convaincre les partenaires» dans chaque nouveau projet.

«Quand le maire Coderre a parlé de Vision 0, il était sérieux. Notre objectif est clair, il est fixé et on va le réaliser.» – Marc-André Gadoury, Équipe Coderre

Projet Montréal mise sur «la qualité»
La «qualité» plutôt que «des objectifs en kilomètres», a promis Marianne Giguère. La conseillère sortante du Plateau-Mont-Royal a développé le projet de Réseau express vélo (REV) dévoilé la semaine passée par son parti. Celui-ci comprendrait sept lignes, dont les tracés n’ont pas encore été déterminés. «C’est un rêve qu’on veut réalité», a-t-elle mentionné. Elle a également demandé le recul des lignes d’arrêt pour les automobilistes. «Les gens qui veulent traverser se sentiraient plus en sécurité», a-t-elle précisé, avant de réclamer la mise en application de mesures pour l’industrie du camionnage. Différentes recommandations, comme la suppression des camions les plus dangereux, avaient notamment été évoquées. «Le travail a été fait, ça prend du courage face à des industries puissantes, mais c’est ça ou des gens meurent sur la route», a-t-elle indiqué, tout en étant appuyée dans ses propos par Jean Fortier. Rappelant que le comité exécutif avait approuvé ces recommandations, Marc-André Gadoury a confirmé que «les camions les plus dangereux ne circuleront plus à Montréal», mais que cette disposition se fera «par étape».

«Une administration de Projet Montréal n’aura pas besoin d’un lobbyiste pour considérer les besoins des gens à vélo et pour que les choses se réalisent.» – Marianne Giguère, Projet Montréal

Coalition Montréal veut plus d’incitatifs
«Les grands projets d’infrastructures, je commence à en avoir par-dessus de la tête», a clamé Jean Fortier. Le candidat à la mairie pour Coalition Montréal a mis en avant sa volonté de développer des «incitatifs», avec des allégements fiscaux, pour que les employés municipaux, des hôpitaux et des commissions scolaires utilisent prioritairement leur vélo. «C’est une des mesures les plus rentables pour la société», a-t-il justifié. L’ex-président du comité exécutif, entre 1998 et 2001, a également demandé des amendes «plus élevées pour les automobilistes dangereux». Jean Fortier, qui prône «une harmonie entre les automobilistes et les cyclistes», a aussi émis le souhait de rendre le métro accessible, à tout moment, aux vélos et de faire installer des supports à vélo sur les autobus de la STM. «Au lieu de faire des pistes et des investissements, commencez déjà à réparer les nids de poule», a-t-il également lancé aux élus actuels.

«C’est un peu de façon réactive que l’administration municipale s’est comportée depuis ces 12, 16 dernières années. Ce n’est pas le maire de Montréal qui se déplace tous les jours à vélo.» – Jean Fortier, Coalition Montréal

Réduire les vols de vélos
Près de 18 000 vélos seraient volés chaque année à Montréal. Pour réduire ce chiffre, Marianne Giguère a évoqué des «campagnes de sensibilisation» afin «d’expliquer comment on barre correctement son vélo». La conseillère de Projet Montréal a également demandé plus de «supports à vélos de qualité» et la présence de davantage de «policiers à vélo, qui vont être beaucoup plus à l’affût». De son côté, Jean Fortier, qui a précisé avoir «un vélo qui vaut moins cher que [son] cadenas», aimerait voir chaque vélo être enregistré avec un numéro de série. «Les policiers pourraient faire des relevés», a-t-il expliqué. Enfin, Marc-André Gadoury a mis de l’avant la volonté de créer «plus d’abris vélos, comme [au métro] Lionel-Groulx.»

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