Collaboration spéciale

Quand la vingtaine de tours à condos actuellement en construction seront terminées, pas moins de 13 300 unités d’habitation se seront ajoutées au centre-ville depuis 2012.

Mercredi, deux nouveaux projets de tours résidentielles étaient en concurrence médiatique. Alors que Cadillac Fairview annonçait une troisième Tour des Canadiens, une délégation chinoise avait fait le déplacement depuis Beijing pour la première pelletée de de la deuxième tour du projet YUL, elle aussi à deux pas du Centre Bell. Ces deux tours totalisent ensemble près de 1000 nouvelles unités et environ 250M$ d’investissements.

«Depuis le début des travaux de la première tour en 2014, le secteur du centre-ville de Montréal a beaucoup changé et connait une véritable effervescence», a judicieusement souligné Kheng Ly, président du Groupe Brivia, qui pilote cinq projets immobiliers dans la métropole.

Selon les données de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), il s’est ajouté en moyenne 2600 nouveaux condos par an au centre-ville de 2014 à 2016. En comparaison, c’était 1100 nouvelles habitations par an de 2010 à 2013. «Après le pic de 2014, le marché a été moins vigoureux en 2015 et 2016 avec une hausse des invendus. Mais cette année, on sent une reprise, car le contexte économique est bon», a expliqué le chef analyste à la SCHL David L’Heureux.

De quoi réjouir le maire sortant, Denis Coderre qui inaugurait la première pelletée de terre du projet YUL 2 avec la délégation chinoise. «Si depuis quatre ans, Montréal a retrouvé ses lettres de noblesse, c’est parce qu’on a été actif sur la scène internationale», a déclaré M. Coderre, en félicitant Montréal international.

Les groupes communautaires qui se plaignent du manque de logements abordables au centre-ville ont-il tiré profit de cette vitalité immobilière? Depuis l’adoption de la stratégie d’inclusion de logements abordables, en 2005, les grands projets sont censés inclure 15% de logements sociaux et 15% de logements communautaires ou de payer une compensation financière à la Ville.

Depuis 2012, plus d’une trentaine de projets immobiliers tombaient sous le coup de cette stratégie dans l’arrondissement, mais seulement deux projets ont directement inclus du logements social sur site. Six autre ont plutôt eu recours au mécanisme de la compensation financière, ce qui n’assure pas la mixité sociale et ne permet pas de rencontrer les objectifs de la Ville en matière d’unités de logement social , résume Éric Michaud, coordonnateur du Comité logement Ville-Marie.

Sous l’ère Tremblay, la stratégie n’était guère appliquée, mais depuis 2015, l’administration Coderre a abaissé de 200 à 100 unités la taille minimale des projets visés par la stratégie d’inclusion. Les groupes communautaires ont aussi remporté deux victoires dans les dossiers de la reconversion du site de l’Hôpital de Montréal pour enfants et dans le projet de reconversion du Quartier des gares.

«Cet automne, la Ville a en outre obtenu de nouveaux pouvoirs avec l’adoption de la Loi sur le statut de métropole. Cela lui permettra notamment de faire appliquer la Stratégie d’inclusion [des logements abordables] par voie réglementaire sans avoir à négocier avec chaque promoteur. La Ville pourra aussi dicter la taille des logements et favoriser ainsi les familles. On espère qu’elle utilisera ces pouvoirs à bob escient», se félicite M. Michaud.

 

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