Josie Desmarais/Métro Le débat a eu lieu dans la salle Oscar Peterson sur le campus Loyola de l’Université Concordia.

Les échanges au cours de l’affrontement en anglais des candidats à la mairie de Montréal, lundi soir, ont été plus hargneux que lors de la rencontre précédente.

Le ton est monté entre Denis Coderre et Valérie Plante, tout particulièrement lors des questions portant sur la loi 62, sur l’interdiction des pitbulls et sur le baseball.

La chef de Projet Montréal a insisté sur la contradiction entre les recommandations des spécialistes et l’interdiction des pitbulls en réponse à la question de Leslie Roberts, présentateur à la station de radio CJAD et animateur du seul débat en anglais de la course. «Le règlement anti-pitbulls cible une race spécifique, alors que nous préférons une approche basée sur la responsabilité du propriétaire du chien», a précisé Valérie Plante.

«Ça, c’est la position des lobbys [pro-pitbulls]», a répliqué le chef d’Équipe Coderre avant d’insinuer que la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA), qui a travaillé avec les arrondissements de Montréal jusqu’à l’approbation du règlement anti-pitbull, est elle aussi un «lobby».

En réponse, Leslie Roberts a souligné que le rapport du coroner de la Ville s’opposait au règlement anti-pitbulls. «Je ne pense pas que la famille Vadnais sera d’accord avec vous», a répondu Denis Coderre, en référence à la famille de la femme tuée par un chien l’année dernière.

Les échanges ont été très tendus entre les deux candidats lors de la question au sujet de la récente loi 62, qui interdit de recevoir et de donner des services publics avec le visage couvert. Même si Mme Plante et M. Coderre sont d’accord pour s’opposer à cette loi, le maire sortant a reproché à Valérie Plante d’avoir hésité avant de décrier la nouvelle législation, alors que celle-ci l’a accusé de vouloir se faire du capital politique sur le dos des femmes musulmanes.

«Vous vous vantez souvent de vos relations avec Québec, mais il faut avouer que cette fois-ci, ils ne vous ont pas écouté», a-t-elle lancé après que Denis Coderre eut mentionné qu’il avait appelé le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, pour lui signifier son désaccord à ce sujet.

La chef de Projet Montréal a pris la tête lors d’un échange au sujet des investissements étrangers en immobilier après que M. Roberts eut demandé si les candidats appuieraient une taxe sur ce type d’achat. «Il n’y a pas de bulle immobilière à Montréal, on n’en a pas besoin [de taxe]», a répondu le maire sortant. «On doit agir rapidement avant de se retrouver dans la même situation que Toronto ou Vancouver. Ils ont réagi trop tard», a plaidé Mme Plante. «Ce n’est pas comme ça que fonctionne l’économie», s’est défendu M. Coderre.

Au sujet du baseball, M. Coderre a réitéré sa volonté de ramener les Expos à Montréal tout en mentionnant qu’ils pourraient jouer au Stade olympique en attendant d’avoir un nouveau stade. Mme Plante s’est insurgée, affirmant ne pas vouloir «être à la merci de milliardaires [de la Ligue majeure de baseball] mais bien au service des Montréalais» avant de s’engager à consulter les citoyens au moyen d’un référendum.

Les questions de Leslie Roberts ont aussi porté sur la gestion des sites de construction, sur les dépenses lors des festivités du 375e anniversaire de Montréal et sur la toponymie adoptant les noms de personnages historiques controversés ainsi que sur les transports en commun.

Mme Plante s’est empêtrée dans sa réponse à une question de M. Coderre à savoir si elle appuie l’initiative BDS, qui vise à boycotter les produits israéliens pour protester contre la politique de l’État juif en Palestine. «C’est sûr qu’il faudrait aller demander de l’autre côté», a-t-elle répondu, sans nommer la Palestine, avant de se faire corriger par Leslie Roberts. «Moi, je suis allé en Israël, à Ramallah [en Palestine]», a fait valoir le maire sortant.

Terrain d’entente
Là où les candidats ont trouvé un terrain d’entente, c’est en ce qui concerne la promesse d’améliorer les services en anglais de la Société de transport de Mont­réal (STM), après une question de M. Roberts à ce sujet.

«Il va falloir regarder ça de plus près, mais c’est sûr que la STM, c’est un autre conseil d’administration», a affirmé Denis Coderre.

«Pour la sécurité, ce serait important qu’il y ait des message bilingues», a dit Valérie Plante.

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