Au terme d’une journée historique, la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, a créé la sensation hier en étant élue première mairesse de la métropole devant Denis Coderre, qui a décidé de quitter la vie politique municipale.

Valérie Plante avait les larmes aux yeux hier soir en montant sur la scène du théâtre Corona, peu avant 23h, dans une ambiance de joie intense. Après quelques sauts, bras levés, elle a clamé avec franchise : «Ça y est!»

Évoquant un «grand privilège», la nouvelle mairesse a eu du mal à contenir ses émotions. «J’étais à la maison avec les enfants et mon chum, on regardait les résultats, et plus ça grimpait, plus je me disais : ben voyons, on s’en va là?», a-t-elle plaisanté tout en se disant «incroyablement fière» de mettre Projet Montréal, un parti fondé en 2004, à la tête de la métropole.

Plus tôt, lorsque son avance était suffisamment conséquente, le millier de supporteurs de la nouvelle mairesse s’est mis à hurler à l’annonce d’un résultat inattendu. Alors qu’un score extrêmement serré semblait prévisible, c’est un véritable raz-de-marée qu’a réalisé la conseillère de Ville-Marie, âgée de 43 ans.

«Nous avons fait une campagne historique.  Nous avons démontré qu’il ne faut pas prendre les Montréalais pour acquis. Nous avons écrit une nouvelle ère pour Montréal et une nouvelle page d’histoire.» – Valérie Plante

En battant Denis Coderre avec près de 6 % d’avance et plus de 25 000 voix de plus que son principal adversaire au moment d’écrire ces lignes, Valérie Plante a réalisé un exploit. Jamais depuis Sarto Fournier, battu par Jean Drapeau en 1960, un maire sortant n’avait été éjecté après un seul mandat. Denis Coderre, qui aurait pu siéger dans l’opposition en raison de la victoire de sa colistière, a par ailleurs annoncé son retrait de la vie politique municipale.

La vague Plante a également profité à de nombreux candidats du parti. Alors que Projet Montréal dirigeait quatre arrondissements sur 19 avant ce scrutin, il semblerait que 11 d’entre eux soient désormais entre les mains de cette formation. Mme Plante, qui s’est lancée en politique en 2013, devrait également pouvoir compter sur une majorité au sein du conseil municipal avec environ 35 des 65 sièges, contre 19 avant le scrutin.

Comment imaginer un tel résultat? «Les gens voulaient à la fois la victoire de Valérie et la défaite de Coderre», a illustré Sylvain Ouellet, une nouvelle fois élu dans le district de François-Perrault. «Valérie a mené une campagne incroyable, avec une énergie folle», a ajouté l’élue de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Laurence Lavigne-Lalonde.

Soif de changement

Les yeux humides, le maire du Sud-Ouest et futur n° 2 de l’administration Plante, Benoit Dorais, avait quant à lui de la difficulté à trouver ses mots.

«Les Montréalais avaient soif de changement, de transparence et d’innovation», a souligné le prochain président du comité exécutif.

Vainqueur dans Ville-Marie face à Richard Bergeron, ancien patron de Projet Montréal avant de rejoindre Équipe Coderre, Robert Beaudry a quant à lui salué «l’incroyable travail de terrain». «C’est ce que les gens voulaient : ils ne voulaient plus des politiciens dans leur tour d’ivoire», a expliqué le fondateur de l’organisme du Pas de la rue. «Avec Valérie, on apporte un nouveau style de politique, à hauteur des citoyens.»

Vilipendé à de nombreuses reprises par Denis Coderre durant cette longue campagne électorale, le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, n’a pas manqué de lancer des piques au maire sortant. «Il a voulu faire peur avec “l’effet Ferrandez”? Ça démontrait un homme en perte de vitesse. Quel désespoir de le voir jouer cette carte de la peur alors que les Montréalais ne sont pas caves. Ils sont intelligents!», a-t-il lancé avant d’ajouter, à l’instar de nombreux autres élus tout au long de cette soirée, un vibrant «Valérie, on t’aime!».

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