Josie Desmarais/Métro Les quelques 430 élèves sont entré dans leur nouvelle école mardi.

Près de six ans après l’évacuation des élèves à cause d’une mauvaise qualité de l’air, l’école Saint-Gérard, entièrement reconstruite, a enfin rouvert ses portes mardi.

«Maintenant, on peut tout simplement l’appeler l’école», a déclaré avec une libération dans la voix la directrice, Louise Beauchamp, aux 430 élèves réunis dans la cour d’école. Certains étaient venus à pied de l’école Georges-Vanier, qu’ils fréquentaient depuis cinq ans.

«C’est le début d’une nouvelle histoire», ont entonné les enfants, paroles de chanson composée et apprise pour l’occasion. Bien nouvelle oui, car seuls certains élèves de sixième année ont connu la «vieille école», fermée en janvier 2012. Ils étaient alors en maternelle.

Cette école du quartier Villeray était devenue un «symbole», a estimé la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Catherine Harel Bourdon. «C’est très émouvant, a-t-elle affirmé. C’est un symbole de six années de travail des parents, du personnel, des services de la CSDM. Il y a eu toutes sortes d’aléas.»

C’est en janvier 2012 que la Direction de la santé publique a exigé que les élèves de l’école Saint-Gérard soient délocalisés puisque l’air était contaminé en raison de la présence de moisissures. La démolition complète n’a été autorisée qu’en 2014 et la construction a finalement été lancée en avril 2016.

D’un projet moderne, fenestré et vert, on a dû refaire les plans pour respecter le budget (19,3 M$ au final) et les normes établis par le ministère de l’Éducation. Le ministère avait fixé un maximum de 20 M$  «On a dû se battre pour conserver la géothermie et les ascenseurs pour l’accessibilité, a illustré le président du conseil d’établissement, Carl-Emmanuel Vaillancourt. C’est très lumineux, mais l’école a ses petits défauts. C’est le nombre de pieds carrés minimum [pour la capacité].» En tout 625 élèves pourront y étudier.

«Ça enlève un poids de ne plus avoir à voyager si loin chaque jour. On va pouvoir retisser les liens avec le quartier et les parents, qu’on ne voyait pas à cause des navettes.» – Carl-Emmanuel Vaillancourt, président du conseil d’établissement.

Le toit vert et l’atrium sont aussi des parties du projet qui ont dû être mises de côté. «[Saint-Gérard] aura permis au gouvernement du Québec d’annoncer un ajout de 15% de développement durable et de réussite éducative dans les projets», a mentionné Mme Harel Bourdon.

Questionnée à savoir si le projet de Lab-école lancé la semaine dernière par le ministère de l’Éducation pour imaginer l’école du futur serrait freiné de la même façon que la construction l’école Saint-Gérard, la présidente de la CSDM a répondu que «le ministre sait qu’il faut changer les règles qui sont assez rigides».

Elle dit notamment souhaiter qu’on «réduise le travail qui doit être fait en amont», pour accélérer les projets de construction et de rénovation, qui sont nombreux à la CSDM.

D’ailleurs, les locaux de l’école Georges-Vanier délaissés mardi par les élèves de Saint-Gérard seront de nouveaux occupés dès janvier, par ceux de l’Académie de Roberval, dont le bâtiment est aussi pris avec un problème de moisissures. Ironie du sort, certains élèves ayant fréquenté l’école Saint-Gérard sont désormais à l’Académie de Roberval. «C’est sûr qu’ils ont tiré un mauvais billet de loto, mais ils savent qu’ils vont être bien accueillis», a soutenu la présidente de la CSDM.

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