Josie Desmarais

Alors que Montréal a décidé lundi de bannir graduellement la vente et la distribution de boissons sucrées dans les édifices municipaux, l’administration de la mairesse Valérie Plante devra prochainement trancher sur le type précis de breuvages qui seront interdits. Mais l’idée générale semble déjà claire.

«On veut bannir tous les produits avec une quantité substantielle de sucre ajouté», a expliqué mardi l’élue responsable du développement social et communautaire à la Ville, Rosannie Filato, qui est en charge de ce dossier.

Concrètement, a-t-elle indiqué, toutes les boissons gazeuses, les cafés et les thés aromatisés, de même que les jus de fruits qui ne sont pas 100% naturels ainsi que les boissons énergisantes, ne pourront bientôt plus être vendus dans les aréna, les chalets et autres bâtiments appartenant à la Ville de Montréal.

«C’est une question de cohérence, a repris la conseillère de Villeray. D’un côté, en misant sur une politique de saines habitudes de vie, on encourage le sport et de l’autre, dans les endroits où l’on peut faire du sport, on vend des produits très sucrés qui nuisent à la santé. Il faut uniformiser, car la santé publique est primordiale.»

Plus de fontaines à eau
Mais que fera la Ville avec les machines distributrices placées dans ses édifices? Directrice de la Coalition Poids, Corinne Voyer, recommande «de les retirer». «C’est la solution la plus simple et, à la place, on installe une fontaine à eau», a-t-elle mentionné.

Sans trancher définitivement sur cette question, l’administration de Valérie Plante reste ouverte à cette idée et envisage de déléguer cette décision aux arrondissements.

«S’ils veulent retirer ces machines, ils le pourront», a glissé Rosannie Filato, qui souhaite dans un premier temps «rendre l’eau plus accessible», tout en remplaçant ces produits par d’autres «100% naturels». Des négociations seront menées en ce sens à l’occasion de l’attribution des prochains contrats, a-t-elle ajouté.

Chose certaine, la Ville ne compte pas interdire la consommation de boissons sucrées dans ses bâtiments. Elle va se limiter à contrôler la vente et la distribution de ces produits. Les citoyens pourront donc apporter le breuvage de leur choix. «On ne va rien imposer, a confirmé l’élue, mais si des arrondissements veulent aller plus loin, ils en ont le pouvoir.»

«Laisser les gens faire leur propre choix»
Si cette décision prise par le conseil municipal lundi a été saluée par de multiples organismes, elle est fortement décriée par l’Association des embouteilleurs de boissons gazeuses du Québec (AEBGQ). Celle-ci, qui regroupe une centaine de marques, y voit une intrusion dans le libre-arbitre des citoyens.

«C’est malheureux que la Ville de Montréal fasse ce choix au lieu de laisser les gens faire leur propre choix», a jugé Martin-Pierre Pelletier, porte-parole de l’AEBGQ. Ce dernier regrette de n’avoir pas été consulté.

«Nos membres ont été surpris et on est très déçu par ce manque de considération, a-t-il repris. Les élus n’ont pas tenu compte du fait que des produits à faible teneur calorique sont maintenant mis sur le marché. Les consommateurs se dirigent de plus en plus vers ces boissons et les campagnes de prévention portent leurs fruits. Les consommateurs sont en mesure de choisir par eux-mêmes.»

Assurant avoir consulté différentes études avant d’approuver cette idée qui, initialement, a été proposée par l’opposition, l’administration Plante se défend. «On n’interdit pas les boissons sucrées dans toute la ville, a répliqué Rosannie Filato. Les gens peuvent toujours aller dans les épiceries ou les dépanneurs pour en acheter.»

La Ville de Montréal compte prochainement définir précisément la liste des lieux où il ne ne sera plus possible d’acheter des boissons sucrées et l’échéancier de cette mesure avec les élus des différentes formations politiques.

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