Josie Desmarais

Le retour de HEC Montréal au centre-ville après 40 ans d’absence posera des défis en terme de préservation du patrimoine et des espaces verts.

Le site choisi par l’École des hautes études commerciales (HEC) est situé dans la côte du Beaver Hall et court le long de la rue De La Gauchetière, en arrière de la Basilique St-Patrick,  qui elle, donne sur le boulevard René-Lévesque.

La construction d’un édifice de huit étages, totalisant 24 000 mètres carrés, implique la disparition de plusieurs commerces, dont deux restaurants du chef Jérôme Ferrer, mais aussi la destruction des vestiges de l’ancien refuge Saint-Bridget construit en 1869. Cet édifice qui a longtemps servi d’hospice pour démunis a été détruit en 1977 pour devenir un parc.

«Les vestiges toujours en place et n’ayant aucune protection patrimoniale seront retirés lors des travaux. Leur présence aujourd’hui s’explique par le manque de moyen financier de la Fabrique [St-Patrick] pour les retirer lors des travaux de démolition. Avec les années, ces vestiges se sont intégrés au décor et servent de bancs de parc», indique un document de l’arrondissement de Ville-Marie.

Dinu Bumbaru directeur des politiques à Héritage Montréal, convient que les vestiges de l’ancien orphelinat n’ont pas autant de valeur que ceux de l’ancien village des Tanneries, détruits dans le cadre des travaux de reconstruction de l’échangeur Turcot. Il souligne néanmoins que le nouveau projet devra arriver à «rappeler le génie et l’histoire du lieu».

L’endroit témoigne, selon M. Bumbaru, d’une époque où les églises offraient aussi des services à vocation communautaire. «Il symbolise aussi une forme de solidarité catholique, car c’est un terrain donné par les Sulpiciens à la communauté irlandaise plutôt pauvre à cette époque. Un terrain qui leur donnait droit de cité», souligne M. Bumbaru.

Pour l’instant, HEC Montréal n’a déposé aucun plan, mais les esquisses de la firme d’architectes Provencher-Roy et une étude de foresterie permettent de constater qu’une partie du parc non-aménagé sera perdue, mais qu’elle sera compensé par la création de toits verts et de nouveaux corridors de circulation verdis, avec la collaboration de la Fabrique Saint-Patrick. L’institution universitaire entend consacrer 164,7M$ à la construction de son nouveau pavillon au centre-ville.

«Le projet prend en compte les aspects patrimoniaux et environnementaux», assure Marie-Pierre Hamel, conseillère en relations avec les médias d’HEC Montréal. «Une étude de potentiel archéologique a été réalisée, a-t-elle dit. Afin de compléter les conclusions de cette étude, l’École effectuera des fouilles archéologiques avant le début des travaux de construction.  Selon la nature des découvertes archéologiques, HEC Montréal veillera à leur mise en valeur ou à leur intégration au concept de commémoration.»

Sur la page web dédiée au futur édifice, on peut aussi lire que l’un des trois thèmes ayant guidé le projet est «le respect du lieu». M. Bumbaru se dit rassuré par les esquisses du bâtiment, qui offre par ses angles et ses ouvertures vitrées de larges percées visuelles vers la basilique. Lors de la construction de la tour Altoria, située à proximité, Héritage Montréal était intervenu pour que les plans soient revus, afin que la vue symbolique sur le clocher de la basilique soit préservé à partir du square Victoria, se trouvant en contrebas, mais la ministre de la Culture responsable de ce secteur jugé patrimonial, n’y avait pas donnée suite

Les travaux du nouveau pavillon de HEC Montréal doivent débuter dans environ un an pour une ouverture en août 2021. Si le cœur de l’enseignement se fera toujours sur le campus de la Montagne, certains programmes de MBA, de même que les activités de formation professionnelle et de recherche, seront délocalisés au centre-ville. «Cela nous permettra de renforcer les liens avec nos partenaires, nos diplômés et les gens d’affaires de la métropole», avait déclaré le directeur de HEC Montréal Michel Patry, en octobre dernier.

Aussi dans Montréal :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!