Jonathan Hayward / La Presse Canadienne

Le dénombrement des personnes itinérantes, qui doit avoir lieu à Montréal le 24 avril prochain, se voulait plus précis que celui organisé en 2015. Deux semaines avant le décompte, il manque pourtant au moins 200 bénévoles pour obtenir des chiffres plus fiables qu’en 2015.

L’organisme Je compte MTL, chargé d’organiser le dénombrement et de recruter les bénévoles, a lancé mercredi un appel pour recruter au moins 200 personnes intéressées à participer au dénombrement d’itinérants dans les rues de Montréal le 24 avril au soir.

«On est confiant qu’on pourra faire mieux qu’en 2015», a affirmé le directeur de Je compte MTL 2018, Éric Latimer.

En 2015, le dénombrement des personnes itinérantes avait mobilisé 537 personnes. Cette année, à deux semaines du décompte, près de 450 personnes sont inscrites pour la soirée du 24 avril. Pourtant, un nombre élevé de bénévoles permet d’obtenir des résultats plus fiables. «Plus on a de bénévoles, mieux c’est», a souligné le directeur.

Plusieurs hypothèses ont été soulevées pour expliquer ce manque de bénévoles. En 2015, le dénombrement a pu créer un engouement de la part des Montréalais, pense Éric Latimer. La fin de session universitaire, qui tombe en même temps que le dénombrement, pourrait empêcher certains étudiants d’y participer.

Cette année, les bénévoles iront dans le centre-ville, comme en 2015, mais aussi dans de nouveaux secteurs, comme Montréal-Nord, le site de l’ancien hippodrome Blue Bonnets dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et l’Ouest-de-l’île. Par contre, les secteurs visités seront plus petits, car plus ils seront précis, grâce à des données fournies par le Service de police de la Ville de Montréal et à celles du dernier dénombrement.

«On sait qu’il n’y a personne à certains endroits. Donc, on dit à nos bénévoles de ne pas y aller. On a resserré les secteurs là où on avait des chances de rencontrer des itinérants », a indiqué le chercheur à l’Hôpital Douglas, Christian Methot. Selon lui, il devrait y avoir suffisamment de bénévoles pour le 24 avril.

Les 25 et 26 avril, les bénévoles iront dans les centres d’hébergement, les hôpitaux ou les centres de détention. «Pour ce dénombrement, on n’a aucune inquiétude. Ça représente 85% du chiffre total. On a de bonnes collaborations sur le terrain. On va avoir un chiffre exact», a mentionné le directeur de Je compte MTL 2018. Grâce à ces données, les organisateurs espèrent mettre en lumière l’itinérance cachée, un aspect occulté du dernier dénombrement qui suscité de nombreuses critiques.

Cette année, le dénombrement aura lieu dans 11 régions du Québec. Les données permettront au gouvernement provincial de mettre sur pied un plan d’action pour lutter contre l’itinérance à l’échelle du Québec. Les données seront dévoilées en 2020.

Critiqués par plusieurs organismes, dont le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RPASIM), les organisateurs du prochain dénombrement de personnes itinérantes admettent que le chiffre qui sera avancé à la suite du décompte sera partiel et instantané. Ils assument pourtant la méthode. «Oui, c’est pour un portrait d’une journée pour comparer à travers le temps les villes du Québec et du Canada. Le but est de mieux comprendre le phénomène pour améliorer les plans et les interventions ».

Plusieurs villes nord-américaines et européennes procèdent à ce genre de décompte. À Paris, c’est 2000 personnes qui ont écumé les rues de la capitale en 2017, soit trois fois plus qu’à Montréal.

Pour devenir bénévole : https://surveys.mcgill.ca/ls/437282?lang=fr

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