Josie Desmarais

Saviez-vous que les abeilles peuvent avoir un rôle social? Que des chercheurs tentent de cartographier les spécificités des meilleurs secteurs pour faire du miel à Montréal? Ou que d’autres craignent que les abeilles des apiculteurs viennent nuire aux abeilles sauvages? À quatre jours de la Journée mondiale de l’abeille, Métro vous propose trois facettes méconnues de l’abeille.

Bonneau, chef de file

«Des itinérants, champions de la production de miel à Montréal». Tel pourrait être le titre (un peu sensationnaliste) décrivant le niveau atteint par l’Accueil Bonneau, qui gère désormais 72 ruches réparties chez sept partenaires du Grand Montréal.

Sachant que la région héberge 691 ruches, l’organisme, qui entame sa cinquième saison, représenterait 10,4% du marché. «Cette année, on espère produire 1400 kg de miel, soit 5000 pots de 275g», explique Geneviève Kieffer Després qui pilote le projet à l’Accueil Bonneau.

L’année dernière, l’entreprise d’économie sociale a réalisé un bénéfice net de 35 000$. De quoi acquérir une camionnette pour transporter les participants sur les différents sites qu’elle gère en collaboration avec Alvéole, une entreprise d’apiculture urbaine.

«Le travail de nos apprentis apiculteurs va de l’installation des ruches, à la mise en pot, en passant par la vente et la participation à des activités de sensibilisation. Les gars sont tellement passionnés que je pourrais en recruter quinze sans problème», ajoute la jeune femme.

Des gars comme Mario Brodeur, 56 ans, dont 38 à fréquenter l’organisme qui fournit 700 repas par jour aux plus démunis. «Avant j’étais comme une reine, je vivais isolé. Maintenant, je suis comme une ouvrière, je voyage à travers le Québec», raconte-t-il en évoquant l’argent mis de côté qui lui permettra cet été de visiter sa communauté mohawk au Lac-Saint-Jean.

Guerre des abeilles?

Le rôle des insectes pollinisateurs, qui augmentent d’environ 9% les récoltes, est bien documenté. De même que les risques que font peser certains pesticides sur leur survie. Mais un autre débat est en train d’émerger: les abeilles à miel des apiculteurs mettent-elles en péril les abeilles sauvages?

Selon une étude parue dans la revue Science en février, introduire trop d’abeilles à miel dans un secteur peut entrainer une chute des autres pollinisateurs spécialement au début et à la fin de la saison estivale, où les ressources florales sont faibles. Elles contribueraient aussi à la propagation de parasites.

D’après les auteurs, Jonas Geldman et Juan Gonzales-Varo, les abeilles à miel ne devraient donc pas être considérées comme fournissant un service écosystémique, mais plutôt un service agricole. Il ne faudrait pas en outre les utiliser dans des aires de conservation de la biodiversité, selon eux.

Il en va toutefois autrement en ville, répond Étienne Lapierre, cofondateur d’Alvéole en se fiant à une étude réalisée à Vancouver. Il souligne entre autres que la diversité florale plus élevée en ville, limite la compétition entre insectes pollinisateurs. Il se déclare toutefois favorable à une règlementation encadrant la pratique de l’apiculture urbaine, afin notamment de limiter le nombre de ruches par toit.

De son côté, Éric Beauchemin, directeur du Laboratoire d’agriculture urbaine de l’UQAM, rappelle l’importance d’avoir en début de grandes quantités de pissenlits, de trèfles de mélilots et de linaires pour satisfaire une large variété d’insectes pollinisateurs en début de saison.

Miels uniques

En 2012, le Laboratoire d’agriculture urbaine de l’UQAM a identifié le pollen d’une douzaine de miels de Montréal. Il en ressort que celui du Fairmont Reine Elizabeth est fait en majorité de pollen issu du tilleul. Dans le miel du Santropol Roulant, le pollen issu des fleurs de pommier domine largement, tandis que celui de l’UQAM est dominé par le trèfle blanc et le lotier. «Le goût et la couleur du miel varie selon les espèces butinées», explique Geneviève Kieffer Després.

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