François Carabin

Une foule d’une centaine de personnes s’est rassemblée à la station de métro Lionel-Groulx, mardi matin, pour maintenir la pression en vue d’obtenir un tarif réduit pour les personnes à faible revenu dans l’ensemble du réseau de transport en commun métropolitain.

Le ralliement, organisé par le Mouvement pour un transport public abordable (MTPA), s’adressait plus particulièrement à l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) et à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), dont la mairesse Valérie Plante est présidente.

«Je ne demande pas d’aller à Miami! Je veux juste aller à la friperie!», «Je ne veux pas visiter le Cap Breton! Je veux juste retourner à la maison!», pouvait-on lire sur les pancartes, tout près de la station de métro.

Le MTPA, un regroupement d’organisations communautaires, agit depuis 2012 pour réduire l’isolement en prônant l’adoption de tarifications sociales.

«Depuis le début des années 2000, il y a eu des augmentations de tarifs incessantes, observe le porte-parole du Mouvement, Jean-Yves Joannette. Nous nous sommes mis à remarquer que les gens fréquentaient moins les organismes communautaires. Pourquoi? Parce que le prix du transport fait qu’ils doivent faire un choix entre, par exemple, aller chez le médecin ou venir nous voir.»

Le MTPA espère que le tarif social couvrira environ 28% de la population montréalaise, soit la portion de citoyens qui vivent sous le seuil de faible revenu de Statistique Canada, établi à 21 000$ par année. M. Joannette comprend toutefois que l’implantation d’une tarification réduite pourrait se faire graduellement.

Il invite la région de Montréal à imiter des villes comme Calgary et Ottawa, où des mesures de tarification réduite sont déjà en place, et se dit encouragé par le chemin qui a été fait dans les dernières années.

«Que notre revendication intéresse les personnes concernées par la situation, c’est normal, ajoute-t-il. Qu’elle intéresse une société de transport et la CMM, là, nous commençons à parler sérieusement. Ces institutions-là réalisent que c’est un vrai problème.»

L’ARTM entend le cri du cœur du MTPA. Les cas de tarification sociale observés dans d’autres villes servent d’exemples aux recherches de l’agence de transport. «Nous sommes intéressés et à l’écoute de ce qui se fait ailleurs et des réussites qui ont eu lieu ailleurs»,  affirme la cheffe des affaires publiques et des communications de l’ARTM, Fanie Clément St-Pierre.

L’agence de transport devrait se pencher sur la tarification sociale au cours des deux prochaines années, soit pendant les travaux entourant la réforme de la grille tarifaire, pour voir si l’établissement de prix réduits est réalisable.

«Un de nos soucis est de prendre en compte les caractéristiques sociales de notre territoire», lance Mme Clément St-Pierre.

Les membres du MTPA se préparent désormais pour les consultations de l’ARTM, prévues à l’été 2019. «Le mouvement aura tout le loisir de s’exprimer par rapport à cet enjeu-là», dit Mme St-Pierre.

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