Josie Desmarais

La Société de transport de Montréal (STM) testera cette année un forfait combinant le transport en commun, les vélos BIXI, les autos en libre-service AutoMobile, voire même les taxis Téo et le système de covoiturage de Netlfit.

«On a déjà des réunions avec l’ensemble des partenaires et on lancera cet automne un projet pilote […] On veut tester la capacité de prendre tous les modes de transport avec un seul outil [carte OPUS ou téléphone intelligent]», a déclaré mardi le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, en marge d’une conférence devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«À la fin du mois, on vous facturerait en fonction de votre utilisation et on vous offrirait le tarif le plus bas. Plus besoin de calculer si c’est plus avantageux d’acheter 10 billets ou une carte mensuelle, on le calculerait pour vous pour vous offrir le meilleur tarif», a-t-il ajouté.

Inspiré du modèle MaaS (Mobility as a service), le projet montréalais Céleste propose de réunir ces différentes offres de transport en les abordant comme étant complémentaires plutôt que concurrentes. «Si quelqu’un fait ses déplacements en BIXI l’été, il revient sur notre réseau l’hiver ou les jours de pluie. Nos clients sont leurs clients», illustre M. Schnobb.

Cette intégration des offres vise à simplifier leur utilisation et à convaincre les automobilistes d’abandonner leur auto. C’est d’ailleurs pourquoi Stationnement de Montréal figure à la table des partenaires.

Le projet pilote qui sera déployé cet automne visera à établir définitivement le modèle d’affaires qui liera les partenaires, à s’entendre sur les modalités de facturation des clients et de redistribution des fonds, ainsi qu’à tester les différentes options technologiques.

En effet, intégrer toutes ces offres passe nécessairement par le fait que les différents systèmes soient capables de communiquer entre eux. «La carte OPUS permet déjà de pouvoir prendre un BIXI à certaines bornes ou de déverrouiller une [AutoMobile de] Communauto», note le président de la STM.

Rien ne dit toutefois que la carte OPUS soit le mode de reconnaissance du client qui sera finalement choisi. La startup Transit qui fait partie des partenaires conçoit déjà par exemple des applications mobiles permettant de regrouper plusieurs options de transport. «En partenariat avec la STM, des centaines de milliers de Montréalais utilisent Transit chaque semaine pour se déplacer. Nous croyons fermement que la vision mise de l’avant par M. Schnobb permettra de convaincre davantage de gens d’abandonner leur voiture», souligne Sam Vermette, co-fondateur de Transit.

La STM se voit d’ailleurs plus comme un catalyseur dans ce projet. «Dans mon esprit, même si la STM amènera plus d’un million d’utilisateurs potentiels, ce ne sera pas nous qui gérerons l’infrastructure de Céleste», répond M. Schnobb. «Tout cela reste à déterminer, mais c’est clair que ça ne prendra pas des années pour s’entendre».

Le vice-président de Communauto, Marco Viviani, félicite la STM et il a souligne que la société de transport «aura un important effort technologique à fournir». «Ce sera plus difficile pour eux que pour BIXI ou Communauto qui sont des organisations plus petites et donc plus agiles», selon lui.

La STM mentionne que l’intégration des différentes offres de transport urbain devra être facturée à des prix intéressants. Or, la tarification repose désormais entre les mains de l’Agence régionale de transport métropolitain (ARTM) créée en juin 2017. «Si on attend que l’ARTM ai déposé son plan stratégique [en décembre 2019] avant de commencer, alors on va être en retard», a rétorqué M. Schnobb. Il a précisé que l’ARTM est au courant de ces démarches et qu’elle sera intégrée aux discussions quand le temps viendra.

Outre les défis technologiques, le spécialiste des villes intelligentes, Jean-François Barsoum, a soulevé plusieurs autres défis sur la route de Céleste. «Tous ces joueurs sont-ils prêts à abandonner leur marque de commerce pour devenir simple exécutant au service d’un agrégateur», se questionne t-il. M. Barsoum s’interroge aussi sur l’intégration (ou non) de joueurs comme Uber ou Lyft et il espère que le MaaS de Montréal deviendra un leader dans le dossier des véhicules autonomes pour que cette technologie fasse partie de la solution à la congestion routière plutôt que de venir aggraver le problème.

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