L’administration de Valérie Plante s’attaquera à l’insalubrité des logements locatifs montréalais en modernisant sa collecte de données et en doublant le nombre de ses inspecteurs d’ici trois ans.

La mairesse Plante a annoncé jeudi la mise en place d’un «indicateur de risque de salubrité», un outil pour recueillir les données des arrondissements sur l’état de salubrité de leur parc immobilier locatif.

«Cet outil nous donne des modèles types de salubrité et d’insalubrité qui nous permettent de faire des comparaisons rapides et claires pour agir beaucoup plus rapidement», a déclaré Valérie Plante, à l’occasion du dévoilement du Plan d’action pour des conditions de logement décentes 2018-2021.

La Ville compte d’ailleurs effectuer 32 100 inspections au cours de trois prochaines années, alors que 10 000 inspections ont été effectuées depuis quatre ans. Ce chiffre doit être atteint grâce à une équipe d’inspecteurs doublée et une collaboration accrue entre la ville-centre, les arrondissements et les organismes communautaires locaux.

Valérie Plante a aussi annoncé plusieurs mesures coercitives, comme la remise de constats d’infraction aux propriétaires rapidement après une visite des inspecteurs. La Ville songerait aussi à augmenter les amendes contre les propriétaires de taudis.

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), un regroupement d’organismes communautaires de défense des locataires à faibles revenus, a salué ce plan d’action, tout en émettant quelques réserves.

«On apprécie la bonne volonté du plan, mais on passe sous silence tout le problème de la faiblesse des revenus de gens qui occupent les taudis. Ce n’est pas sans conséquence», a critiqué la porte-parole du FRAPRU, Marie Josée Coriveau. Selon elle, les problèmes de salubrité sont intrinsèquement liés à la pauvreté et la seule manière de régler ce problème serait que la Ville achète des logements vétustes et qu’elle les rénove afin de les transformer en logements sociaux à loyer modeste.

Mme Corriveau reste aussi sceptique devant les subventions que la Ville peut accorder aux propriétaires pour rénover des logements insalubres. Cela pourrait, selon elle, avoir pour effet d’augmenter les loyers et faire fuir les locataires les plus pauvres.

«Là où on a un problème, c’est que dans toutes les dispositions annoncées, on semble ne pas tenir compte de la faible capacité des locataires les plus pauvres de payer et de l’impact des rénovations sur le coût des loyers», a-t-elle lancé.

Selon les chiffres du recensement de Statistique Canada de 2016, le loyer médian des ménages les plus pauvres à Montréal (829$), soit ceux qui consacrent plus de 50% de leurs revenus à se loger, est plus élevé que celui de l’ensemble des 492 000 ménages locataires montréalais, qui atteint 796$.

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