Josie Desmarais / Métro Véronique Laflamme et Marie-Josée Corriveau

Alors que de plus en plus de personnes ont besoin de se loger dans de bonnes conditions, le taux d’occupation des logements locatifs à Montréal stagne sous la barre des 3%, et les loyers augmentent, constate le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Tous les ans, au lendemain de la traditionnelle journée de déménagement du 1er juillet, le FRAPRU publie son Dossier noir sur le logement et la pauvreté, un portrait critique de l’état du logement locatif pour les plus pauvres. Les conclusions du FRAPRU sont encore une fois alarmantes, puisque près de 100 000 personnes doivent changer de logement à Montréal pour cause de loyer trop élevé, d’insalubrité, ou de manque d’espace, alors que le nombre de logements locatifs disponible est passé sous la barre des 3%. Ces chiffres sont tirés du recensement de 2016 de Statistiques Canada ainsi que des données de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL).

Conséquence du manque de logements, cette année, 123 ménages québécois ont dû demander de l’aide le 1er juillet faute de logements abordables disponibles, c’est 40% de plus que l’an dernier, a soutenu le FRAPRU. À Montréal, si certains ont trouvé un toit, 21 ménages ont dû dormir chez des proches et attendent encore d’être relogés.

«Sur le plateau et dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, on est proche du 0% d’inoccupation des grands logements», a expliqué Marie-José Coriveau, coordinatrice au FRAPRU, qui a indiqué que le prix moyen des logements augmente constamment. Le loyer moyen à Montréal est de 777$, soit 10$ de plus qu’en 2016, selon la SCHL. C’est à Québec que les loyers sont les plus chers, à 798$ en moyenne. «Le coût des logements disponibles à la location est beaucoup plus élevé que ça,» nuance pourtant la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, qui a constaté des chiffres plus élevés sur les annonces de location, tandis que les données de la SCHL se basent sur un sondage mené auprès de propriétaires.

«L’alternative, selon nous, c’est d’avoir du logement hors du marché privé, du logement où on ne fait pas du profit, ça s’appelle du logement social», a martelé Mme Laflamme.

La FRAPRU a fustigé les gouvernements provincial et fédéral de ne pas investir suffisamment dans le logement social, alors que Québec a enregistré un surplus budgétaire de 2,4G$ cette année. La porte-parole a aussi exhorté Québec d’aller récupérer l’argent de l’évasion fiscale, qui pourrait se chiffrer à 1G$, pour financer 10 000 logements sociaux. «L’argent est là, c’est ce qui est malheureux», s’est indignée la porte-parole, constatant l’absence d’investissements.

Le FRAPRU demande la construction de 50 000 logements sociaux, un chiffre «réaliste» qui pourrait même être plus élevé que les besoins réels des Québécois les plus pauvres, a affirmé l’organisme. Le FRAPRU va interpeller les partis politiques pendant la prochaine campagne électorale afin d’obtenir des engagements clairs pour la construction de logements sociaux, l’instauration d’un registre des baux et un code provincial pour la salubrité. Actuellement, seul Québec solidaire s’est prononcé en faveur d’un registre des baux.

«C’est comme s’il n’y avait aucune considération pour la situation dramatique que ces gens vivent», a souligné la porte-parole.

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