Josie Desmarais Michel Leblanc

Montréal doit analyser plus rapidement les dossiers des entreprises qui souhaitent s’établir sur son territoire, a plaidé lundi le comité consultatif sur le développement économique de Montréal. Une demande entendue par la Ville, mais qui ne fait pas l’unanimité.

Mandaté à l’automne dernier par la mairesse Valérie Plante, le comité consultatif sur le développement économique du territoire de la Ville de Montréal, dirigé par le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a notamment critiqué le manque de planification dans l’est de Montréal et la durée du processus d’évaluation des projets.

«Présentement, quand des projets arrivent, on n’est pas capable de détecter rapidement si on devrait les considérer comme étant très prioritaires. On doit être capable d’amener cette information très rapidement et de dire ²on peut faciliter la réalisation de ce projet²», a expliqué M. Leblanc. Il préconise par exemple la création d’un service à la Ville, qui serait responsable d’étudier rapidement les dossiers des entreprises qui s’implanter dans la métropole.

Il a cité l’exemple de l’entreprise Solargise, qui souhaitait s’installer sur un terrain que la Ville destinait plutôt à un parc-nature au golf d’Anjou, dans l’est de l’île.

Selon M. Leblanc, Montréal a mis trop de temps à répondre à la demande de Solargise, parce qu’elle n’avait justement pas de vision économique pour ce secteur.

«Il y a une nécessité de créer un groupe de très haut niveau, un comité, une cellule, à l’intérieur de la Ville, qui ferait en sorte, en tout temps, s’il y a lieu d’appuyer des entreprises qui se localiseraient sur le territoire, qu’on soit en mesure de s’assurer que tous les services de la Ville facilitent cette installation», a déclaré M. Leblanc.

Pour le responsable du développement économique au comité exécutif de Montréal, Robert Beaudry, ces recommandations seront étudiées et analysées, mais elles correspondent aux idées présentes dans les huit plans d’action de la Stratégie de développement économique 2018-2022, mise en place par l’administration Plante cette année.

Mais il n’y a pas que le milieu des affaires qui a son mot à dire dans le développement économique, a ajouté M. Beaudry, puisque les citoyens sont aussi présents dans les démarches de planification de la Ville.

«Inclure les citoyens par la consultation, c’est fondamental. On est au service des citoyens en premier. Pour l’est de Montréal, on fait une consultation sur L’Assomption Sud, sur le développement du parc industriel sur ce secteur. Les citoyens sont appelés à contribuer à cette consultation, au même titre que les entreprises», a-t-il affirmé.

En 2017, une pétition de plus de 6000 signatures avait empêché l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve d’aller de l’avant dans un projet de pôle logistique à l’intérieur de cette ancienne zone industrielle. C’est cette mobilisation citoyenne qui a été à l’origine de la consultation publique mentionnée par M.Beaudry.

Pour le chercheur en finances publiques à l’Institut national de recherche scientifique (INRS), Pierre J. Hamel, la Ville aurait tout intérêt à prendre le temps de bien analyser les dossiers d’entreprises ou de projet immobilier qui désirent s’établir à Montréal. «Il n’y a pas de raison d’aller trop vite», a-t-il averti.

«Si une entreprise dit qu’il faut se décider dans le mois qui vient, sinon elle va aller ailleurs, il ne faut pas s’arrêter à ce qu’elle dit, sinon on en a pour plusieurs années à se morfondre si jamais on a fait une gaffe», a-t-il illustré. Il a pris l’exemple du développement immobilier de Griffintown, où aucune école n’a été construite alors que des dizaines de tours de logements ont poussé dans le quartier depuis les années 2000.

«Se retrouver dans des quartiers où il n’y a pas d’équipements publics corrects, surtout pas d’écoles, ça va être un handicap dans 10, 15 ans. Tout le monde va en payer le prix. C’est ridicule de se débarrasser d’espaces à bas prix rapidement pour se retrouver avec des problèmes qui vont apparaître plus tard», a-t-il critiqué.

 

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