Collaboration spéciale Mario Beaulieu

Des syndicats et des organismes promouvant la langue française ont annoncé lundi qu’ils formaient la coalition Partenaire pour une Québec français. Celle-ci militera pour que le français devienne «la véritable langue publique» au Québec. Métro en a discuté avec le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu.

Quel est l’élément déclencheur qui vous a motivé à mettre sur pied cette coalition?
C’est l’urgence de la situation. C’est le déclin du français à Montréal. Il y a des mouvements militants bien établis, mais on s’est dit que si on veut réussir à diffuser plus largement le message, on doit rallier des grands organismes nationaux, comme les syndicats.

Vous dites que vous voulez «débilinguiser» l’administration publique. Qu’est-ce que vous voulez dire?
Les organismes de santé, de services sociaux, d’éducation et des municipalités peuvent avoir un statut bilingue. Ce sont des services de proximité. Par contre, les services administratifs, comme Revenu Québec ou la Régie de l’assurance-maladie du Québec, doivent être offerts en français. La politique linguistique gouvernementale stipule que les services publics sont offerts uniquement en français pour bien marquer que le français est la langue commune, sauf pour les exceptions. Avec le temps, ces exceptions sont devenues la règle générale. Aujourd’hui, tous les services sont offerts en anglais sur demande, ce qui fait que tous les nouveaux arrivants continuent de ne pas parler français parce qu’il n’y a pas d’incitatif.

Vos propositions sont-elles réalistes à l’ère de la mondialisation?
On n’a rien contre la connaissance d’une langue seconde. Au contraire. On veut qu’il y ait une mondialisation dans le respect des cultures nationales et non une uniformisation des cultures. Si vous allez en Italie, vous allez vous attendre à parler en italien. À l’intérieur même d’un territoire, c’est important que les services soient offerts dans la langue officielle. En général, les endroits qui, comme le Québec, sont basés sur le bilinguisme institutionnel, ça aboutit toujours à l’assimilation des langues minoritaires. Il y a des pays comme la Belgique, où les langues cohabitent sans qu’il y ait une assimilation.

Pensez-vous que le gouvernement de Pauline Marois sera ouvert à vos propositions?
Oui. Il y a plusieurs propositions qui font partie du programme du Parti québécois, mais il est dans une position minoritaire. Ça sera très difficile d’adopter une loi avec des mesures aussi rigoureuses.

La coalition PQF a formulé lundi quelques propositions. En voici quelques-unes :

  • Il faut dynamiser les comités de francisation des entreprises et rendre la formation linguistique accessible sur le milieu de travail
  • Il faut empêcher les employeurs d’exiger une connaissance de l’anglais lors de l’embauche d’un employé.
  • Le français doit être l’unique langue de communication entre l’État et les entreprises établies au Québec.
  • Les services de l’État québécois aux individus doivent être offerts en français.
  • Québec doit dresser un bilan de l’enseignement de l’anglais en première année et revenir sur sa décision d’implanter l’enseignement intensif de l’anglais en 6e année du primaire
  • Les commerces doivent inclure un descriptif en français à leur marque de commerce.

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