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La mairesse de LaSalle, Manon Barbe, sonne l’alarme: il faut cesser de négliger son arrondissement dans les différents projets de transport en commun à Montréal. Elle suggère à l’administration Plante que le projet de la ligne rose soit détourné vers LaSalle pour combler les besoins.

«C’est comme si on n’existait pas, a déploré la mairesse et chef de son propre parti, en entrevue avec Métro. Il faut passer par ici aussi. On est l’arrondissement avec le plus de croissance actuellement au niveau des permis de construction. On est bien situés. On est 81 000 de population. Encore faut-il nous fournir des transports actifs.»

Même si elle estime que «les planètes sont alignées» pour entendre sa demande, Mme Barbe dit constamment devoir revenir à la charge pour défendre son arrondissement. «Soyons clairs. Je suis très contente que le parti de la mobilité soit au pouvoir. On le sent, on le voit, il y a un virage en mobilité, et ce ne sont pas que des paroles en l’air. Moi j’y crois», a-t-elle convenu.

«Mais quand on se demande s’il y a assez de monde pour un métro dans l’Ouest, je ne comprends pas. Oui, il y en a assez. Et si on veut continuer à avoir une haute densité, il faut amener le métro dans l’Ouest. C’est simple. Ça nous prend un moyen de transport lourd pour continuer à nous encourager à changer les zonages.» -Manon Barbe, mairesse de LaSalle

S’il est décidé que le projet de la ligne rose ne desserve pas LaSalle, il faudrait au moins qu’un prolongement de la ligne verte soit opéré pour traverser l’arrondissement. «Il faut une offre de services qui fait en sorte que les gens puissent habiter partout sur l’île sans se dire que ça va prendre 1h30 pour aller travailler le matin, a-t-elle envisagé. On espère toujours avoir une option, d’autant plus qu’à l’autre bout de LaSalle, on a une gare.»

Dans le cadre de la période des questions des citoyens d’une séance du conseil municipal, lundi soir, un citoyen du nom de Jean-François Racine avait par ailleurs proposé un projet de train léger, appelé le Grand Déblocage LaSalle Lachine, qu’il voit être la vraie «alternative de la ligne rose, dans le sud-ouest de Montréal», a-t-il expliqué à Métro.

«J’ai [aussi] rencontré la mairesse de Lachine lors du conseil d’arrondissement de Lachine pour lui présenter mon projet. D’ailleurs, j’ai une réunion avec madame [Maja] Vodanovic le 3 décembre prochain à ce sujet», a-t-il avancé. La page Facebook de son projet est en ligne depuis le 1er novembre dernier, a-t-il poursuivi.

Pendant cette séance du conseil municipal, lundi soir, la mairesse Barbe a aussi interpelé l’administration de Valérie Plante. Le responsable de l’urbanisme et des transports, Eric Alan Caldwell, a rétorqué que l’administration était «ouverte» et à l’écoute.

De vives réactions
Cette réponse a fait réagir le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand. Selon lui, toute cette histoire prouve une chose: le projet de ligne rose de l’administration Plante «semble très improvisé dans sa forme actuelle».

«Il n’y a jamais eu d’étude d’opportunité de la proposition de ligne rose; pas d’étude de destination d’origine, ni d’étude d’utilisation potentielle, ni d’étude de rentabilité, a-t-il dit en entrevue avec Métro. Malgré le fait qu’aucun professionnel du transport en commun n’ait exprimé son appui à l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) ou au gouvernement, il demeure le rêve clé en matière de transport en commun de l’administration montréalaise.»

Un fait «surprenant» pour une administration qui se dit être porteuse de projets de mobilité, dit celui qui a été évincé lundi, avec la conseillère de Projet Montréal Valérie Patreau, du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM). Tous deux ont été remplacés par l’ancien maire de Westmount, Peter Trent, et la spécialiste en mobilité de Polytechnique, Catherine Morency.

L’idée de prolonger le réseau de métro «mérite pourtant de sérieuses documentations», a argué M. Rotrand.

«Je comprends que le gouvernement soit sceptique. Pensez-vous que d’avoir un porte-parole comme M. Caldwell qui se lève en chambre pour dire qu’on peut détourner la ligne rose, ça va améliorer la confiance?» -Marvin Rotrand, conseiller de Snowdon élu sous les couleurs de Coalition Montréal.

Ces «manques de constance et de rigueur» réduisent, aux yeux de M. Rotrand, la crédibilité de l’administration Plante auprès de Québec. «Ça signifie que nous sommes moins susceptibles de recevoir des fonds fédéraux pour des projets qui doivent être construits. C’est le provincial qui décide en dernier ressort quels projets de transport sont prioritaires dans nos demandes à Ottawa.»

Pendant la dernière campagne électorale, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a affirmé qu’il ne s’opposait pas à la construction de la ligne rose, mais que celle-ci serait «de surface» et, donc, moins coûteuse. Il s’agit d’une solution à laquelle la mairesse Valérie Plante ne s’était pas opposée, après une rencontre avec le premier ministre.

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