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Urgences-Santé entend «faciliter la vie» des familles montréalaises endeuillées en permettant à ses 1000 techniciens ambulanciers paramédicaux de constater le décès d’un proche sans la présence d’un médecin à compter du 14 janvier. Il s’agit d’une première dans la grande région métropolitaine.

«Jusqu’ici, lorsque nos techniciens doivent constater un décès, ils ont à contacter un médecin et à attendre son arrivée, ce qui peut prendre jusqu’à trois heures. C’est très éprouvant pour la famille de de devoir gérer tout ça, sans réponse certaine», a expliqué à Métro la chef aux opérations d’Urgences-Santé, Valérie Tremblay.

Ce nouveau protocole a été mis en place par Urgences-Santé, avec la collaboration du Collège des médecins.

Dorénavant, pour éviter cette période d’inconfort, les paramédicaux pourront simplement communiquer avec un médecin par téléphone et demander à constater le décès eux-mêmes. «On vient alléger toute une pression», a souligné Mme Tremblay. Les employés de l’organisme public sont actuellement formés en ce sens, de concert avec le Collège des médecins et la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ).

«La formation porte non seulement sur l’acte médical, mais aussi sur la gestion de la situation d’un point de vue humain et emphatique, avec les personnes touchées par le décès», a poursuivi la porte-parole d’Urgences-Santé.

«On réfléchit, par exemple, à des solutions pour faciliter la prise en charge de la famille par un salon funéraire, pendant notre intervention, et à des moyens pour soutenir les proches.» -Valérie Tremblay, chef aux opérations d’Urgences-Santé

La plupart des techniciens devraient être outillés adéquatement d’ici le 14 janvier. Urgences-Santé fonctionnera dans une formule «hybride» de transition jusqu’à ce que tous ses employés soient formés, en avril.

Pour le président-directeur général d’Urgences-Santé, Nicola D’Ulisse, le choix d’implanter ce nouveau protocole s’explique aussi par «un souci d’efficience dans le service». «On améliore le service qu’on offre aux familles en réduisant les délais d’attente pénibles et en plus, on facilite la collaboration avec toutes les parties prenantes, dont les salons funéraires», a-t-il indiqué par voie de communiqué.

Plus de reconnaissance pour la profession
Au-delà des améliorations qu’elle apportera sur le plan humain et technique, cette nouvelle approche permet un pas de plus vers la reconnaissance du travail des ambulanciers, d’après Valérie Tremblay. «Nos techniciens ont toutes les compétences et l’expertise [requise] pour intervenir. Ils ont un enseignement collégial de haut niveau, a-t-elle avancé. C’est aussi un combat pour se faire reconnaître, au même type que le métier d’infirmier.»

«On est devenus un élément médical essentiel dans le réseau et il faut le réaliser, a-t-elle renchéri. Nous donner plus de compétences, ça se fait déjà à Québec et dans plusieurs régions éloignées, où il y a moins de médecins qui peuvent se déplacer.»

Joint par Métro, le porte-parole de la Corporation des paramédics du Québec, Francis Brisebois, abonde dans le même sens. «On sait qu’on est capable de faire une plus grande différence dans le système de santé. L’ambulance, par exemple, n’est plus indispensable à notre profession», a-t-il dit.

Dans plusieurs autres provinces canadiennes, il existe selon lui des «paramédics communautaires» qui interviennent dans des résidences pour personnes âgées ou des maisons des jeunes, par exemple.

Jusqu’ici, les techniciens paramédicaux du Québec n’ont aucun ordre professionnel pour les défendre et les représenter. «C’est notre principale revendication pour être reconnus. Ça nous permettrait aussi de construire des ponts avec les autres corps de métiers», a envisagé M. Brisebois. Des discussions sont d’ailleurs en cours avec le ministère de la Santé à ce sujet, à ses dires.

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