Yves Provencher/Archives Métro Les documents datant d’avant 1922 ont été sauvés de l’incendie qui a ravagé l’hôtel de ville.

Il y a un siècle, de profonds problèmes administratifs rongeaient l’appareil municipal montréalais. C’est que les avocats perdaient beaucoup de causes devant les tribunaux parce qu’ils avaient de la difficulté à trouver les documents qui leur étaient nécessaires.

Au moment même, un conseiller municipal du nom de Victor Morin, qui était aussi un notaire et un historien, faisait des pressions pour que les documents historiques de la Ville soient conservés. «La conjonction de ces deux forces vont faire en sorte que le conseil municipal va voter pour la création d’un service d’archives en 1913», relate l’analyste en gestion de documents et archives à la Ville de Montréal, Mario Robert.

Le 30 mars, cela fera exactement 100 ans que les documents historiques de la plus grande municipalité du Québec sont conservés de façon systématique. Ils ont été sauvés d’un incendie qui a ravagé l’hôtel de ville en 1922. Aujourd’hui, pas moins d’un million de photographies et plus de 4 km de documents sont entreposés dans des chambres fortes situées sous l’hôtel de ville, au coin des rues Gosford et Notre-Dame.

Ces archives proviennent des travaux du comité exécutif et du conseil municipal mais aussi de dons qui sont faits à la Ville. Aucun document n’est acheté. Par exemple, tout récemment, un portrait du maire Médéric Martin, qui a été soupçonné de corruption pendant ses mandats à la tête de la Ville de Montréal, a été retrouvé par une de ses descendantes qui vit à Toronto. Elle l’a remis aux archives de la métropole.

À ce jour, il y a 400 000 documents qui ont été numérisés. «L’objectif, c’est de ne pas garder ces documents pour nous, affirme M. Robert. On veut les rendre disponibles à tous.» Le défi des archivistes au cours des prochaines années sera de s’assurer que les archives numériques sont entreposées sur des supports technologiques stables.

C’est impensable de numériser tous les documents de la Ville. Ça prendrait des centaines d’années. – Mario Robert, analyste en gestion de documents et archives à la Ville de Montréal

«La valeur des documents originaux demeurera toutefois intrinsèque, fait noter l’archiviste de la Ville de Montréal. Ils n’ont pas de prix».

Quatre trésors

La plus belle photo
Archives La plus belle photo

La plus belle pièce photographique que possède le Service des archives de la Ville de Montréal date de 1888. Il s’agit en fait d’un montage photo. Le photographe de renom William Notman a pris un cliché de tous les conseillers municipaux et du maire de l’époque, Honoré Beaugrand, et l’artiste Eugène L’Africain les a collés l’un à côté de l’autre sur une photo de la salle du conseil municipal. Des journalistes y sont aussi représentés, ainsi que des épouses d’élus.

Coup de cœur d’historien

Archives Cooup de coeur

L’historien et archiviste de la Ville de Montréal, Mario Robert, a un coup de cœur pour une série d’aquarelles datant approximativement de 1750 qui ont été très bien conservées au fil du temps. Elles représentent des couples d’Amérindiens de culture huronne, abénaquise et algonkine ainsi que des Canadiens-français. Ces peintures ont été retrouvées au 19e siècle dans le Nouveau testament d’un missionnaire. Elles sont très demandées par les musées.

Le plus vieux document

Archives Le plus vieux

Bien que le Service des archives de la Ville de Montréal ait été mis sur pied en 1913, des documents beaucoup plus vieux y sont conservés. Le plus ancien est une lettre d’entente entre Jeanne Mance et la philanthrope Angélique Faure de Bullion. Elle fait état d’un don de 20 000 £ que cette dernière a accordé à la fondatrice de l’Hôtel-Dieu pour que trois religieuses de France puissent lui donner un coup de main à Montréal. La signature de Jeanne Mance y est particulièrement lisible.

Livre très précieux

Archives Livre précieux

Pour souligner l’inauguration du nouveau pont Victoria en 1898, un livre commémoratif a été confectionné par un journaliste du journal La Patrie. Sa particularité est que sa jaquette est faite de métal et que des motifs y ont été gravés. Sur le dessus, une image du nouveau pont y est reproduite alors que sur le quatrième de la couverture, il y a un cliché du pont lors de son inauguration officielle en 1860 en présence du roi Edward VII. Le livre a été donné en 1935 au Service des archives de la Ville de Montréal.

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