Yves Provencher/Métro Cornelia Chilian montre une réplique en taille réelle du réacteur.

Dans les profondeurs du mont Royal, sous l’école Polytechnique, un réacteur nucléaire fonctionne quelques heures par jour. Oubliez Tchernobyl et Fukushima. Dix mille fois moins puissant que Gentilly-2, le petit réacteur du laboratoire Slowpoke est gros comme une micro-onde et ne produit pas d’électricité.

«Il produit l’énergie thermique d’un grille-pain», explique la directrice du laboratoire, Cornelia Chilian, assise sans masque ni gants à quelques mètres de la poubelle de «déchets radioactifs».

Son dosimètre, l’appareil qui mesure le niveau de rayonnement, vérifié tous les trois mois par Santé Canada, affiche un zéro en permanence.

«Nous sommes exposés à un niveau de radiation aussi faible que celui d’une personne ordinaire», dit-elle.

Si l’apparence du laboratoire a subi peu de modifications depuis sa construction en 1976, à l’exception de son cœur, renouvelé en 1997, sa mission, elle, a grandement évolué.

«Avant, nous faisions de la recherche nucléaire, parce que ce type d’énergie était important au Québec jusqu’à la construction de Gentilly-2», rappelle-t-elle.

La fin des subventions pour la formation a forcé le laboratoire à se tourner vers les subventions de recherche avec d’autres universités et les entreprises privées pour financer ses activités. La transition a été efficace, le Slowpoke est le seul laboratoire en son genre au monde à s’autofinancer.

Cornelia Chilian a travaillé avec la Gendarmerie royale canadienne pour des enquêtes, avec des chercheurs pour des recherches, notamment sur sur le Parkinson et l’Alzheimer. Le laboratoire permet également de faire des analyses chimiques sur le carton de feuilles de gyproc afin de trouver une solution aux problèmes de moisissure.

Présentement, la directrice du laboratoire Slowpoke effectue des tests sur de la fibre optique qui se retrouvera en orbite dans l’espace.

«Nos tests sont rapides, non destructifs et permettent à une compagnie de suivre toutes les étapes de la production d’un produit», indique-t-elle, derrière sa vieille console de contrôle qui rappelle des images de la guerre froide.

Après quelques minutes avec la dame, seule une affiche à la sortie avec le signe radioactif, avertissant les visiteurs de se laver les mains, rappelle qu’elle travaille dans un laboratoire nucléaire.

Les activités du laboratoire

  • 5%: enseignement
  • 20%: appui à la recherche des universités québécoises
  • 75%: activités commerciales

Cornelia Chiliam

Qu’est-ce que le Slowpoke?
Slowpoke est un acronyme pour: Safe Low-Power Kritical Experiment.

«L’acronyme est une blague qui indique que ce type de réacteur est tellement sécuritaire. Si la température augmente un peu trop, tout arrête», explique Cornelia Chilian, directrice du laboratoire Slowpoke

Maquette du réacteur:
ACTU - Réacteur polytechnique diagramme

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