Les Lavallois pourront essayer le mois prochain le premier autobus 100% électrique à rouler dans la métropole. Une technologie qui doit toutefois encore faire ses preuves. L’autobus 100% électrique de DesignLine acquis cet hiver par la Société de transport de Laval (STL) fera, entre autres, la navette entre les terminus Montmorency et Le Carrefour les 15 et 16 juin prochains.

Les simulations effectuées cet hiver en circuit fermé ont été instructives, indique la STL. «Il y a une bonne différence en matière de consommation», précise Sylvain Boucher, chef Panification et ingénierie à la STL. Rouler 100 km, coûte 7$ d’électricité contre une cinquantaine de dollars avec un autobus diésel. Mais c’est au niveau des batteries que cela se corse. Les 200 km d’autonomie de la batterie affichés par le constructeur américain plongent à moins de 70 km, une fois l’autobus rempli à pleine capacité et en conditions hivernales (neige sur la route et -15C).

Comme il prend plusieurs heures à recharger, il ne pourrait alors servir qu’en appoint aux heures de pointe du matin et du soir. «Mais la technologie évolue rapidement», répond Sylvain Gonthier

D’ici 2014, plusieurs autres sociétés de transports québécoises auront achevé leurs tests respectifs d’autobus verts. Le Citelis européen a été testé à Montréal et à Longueuil l’année dernière. À Montréal, où la vitesse est basse et les arrêts fréquents, les économies de carburant auraient été de 37%. À Longueuil et sur le pont Champlain dans un contexte plus rapide, où la technologie hybride est moins avantagée, les économies auraient été de 30%. L’autobus n’a toutefois pas roulé dans des conditions hivernales.

Cette année, Gatineau et Montréal testeront le fameux BYD chinois. Il dispose d’une autonomie 50% plus élevée que le Design Line et surtout, d’une technologie de batterie plus avancée. La recharge est quatre fois plus rapide et la durée de vie des batteries huit fois plus longue. Mais malgré toutes ses avancées, les autobus électriques ne se multiplieront pas sur les routes de Montréal avant quelques années, estime Gérard Brichau, DG d’AVT (Société de gestion et d’acquisition de véhicules et systèmes de transport). «La technologie n’est pas assez fiable pour nos hivers», selon lui. Si le BYD a fait ses preuves à Singapour, la technologie filaire est dans le plancher et ne tiendrait pas le coup avec le calcium de nos hivers, selon lui.

Tous ces tests doivent aussi permettre de déterminer comment il faudra dessiner les futurs garages afin de prévoir la recharge des autobus et déterminer la demande nécessaire en électricité. La politique québécoise prévoit que d’ici 2030, 95% du transport soit électrique.

Autobus vert 101
Plusieurs autres technologies intéressent les sociétés de transport québécoises.

  • Le Citelis est un autobus hybride qui combine un petit moteur électrique et un moteur diésel. Si c’était une voiture, ce serait une Toyota Prius.
  • Le K9 de BYD est un autobus 100 % électrique rechargeable. Si c’était une voiture, ce serait une Nissan Leaf. La batterie est plus efficace que celle du DesignLine testé à Laval
  • Nova Bus, fournisseur de la STM, prépare avec British Aerospace un autobus hybride rechargeable. Le moteur diésel embarquerait une fois le moteur électrique vide, comme la Chevrolet Volt
  • Le consortium Bus électrique présentera d’ici fin 2015 un autobus 100 % électrique québécois fait en aluminium donc plus léger et nécessitant donc moins de batteries.

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