Avec cette phoætographie, appelée Réflexions sur l'abandon, Serge Maheu a gagné le prix coup de coeur du concours.

Le patrimoine industriel de Montréal. Le sujet semble aride et, pour certains, dépourvu d’intérêt. Pourtant, il regorge de beautés.

C’est du moins ce qu’ont réussi à démontrer la centaine de photographes qui ont participé au concours annuel de photographies, Montréal à l’Å“il. Pour une rare fois, les fruits du concours sont présentés au Centre d’histoire de Montréal dans le cadre d’une exposition intitulé Montréal industriel.

«Je mets au défi les gens qui viennent voir l’exposition de dire que c’est moche», a lancé le muséologue et directeur du Centre d’histoire de Montréal, Jean-François Leclerc, en entrevue à Métro. Selon lui, il faut prendre le temps de scruter le patrimoine industriel de la métropole pour mieux constater ses beautés. «Sur le coup, il ne nous apparaît pas très beau, concède M. Leclerc. Mais quand un photographe réussit à le capter avec sa sensibilité, un éclairage singulier et un angle particulier, tout à coup, on est vraiment étonné devant la beauté de ce patrimoine.»

Des photos inusitées
Plus de 600 clichés ont été proposés par des photographes amateurs et professionnels. «J’ai été surpris du fait que les gens sont allés chercher des choses qui n’étaient pas banales», a admis le directeur du Centre d’histoire de Montréal. Certains sont entrés dans des usines. Je ne sais pas comment ils ont fait cela, mais ç’a dû être une aventure.»

Chaque photographie a été jugée selon sa qualité technique, sa sensibilité du traitement et la richesse du sujet. «On ne demande pas aux photographes d’arriver avec une vision uniquement artistique de n’importe quel élément du patrimoine, mais de nous permettre aussi de documenter la photo, si bien qu’elle reste pour une trace de ce patrimoine», précise Jean-François Leclerc.

Redécouverte du patrimoine industriel
Un mouvement de revalorisation du patrimoine industriel s’est installé à Montréal, selon le muséologue. Il y a eu notamment l’usine Raymond, dans le quartier Centre-Sud, qui est devenu l’Usine C, et l’édifice de l’American Can, dans Hochelaga-Maisonneuve, qui a été converti en bureaux.

«Mais quand on arrive au silo numéro cinq, c’est tout un défi, lance M. Leclerc.
Si jamais le projet du Musée d’art contemporain se met en Å“uvre dans le silo
numéro cinq, on aurait probablement un exemple spectaculaire d’un bâtiment mal-aimé des Montréalais qui deviendrait tout à coup un fleuron de la modernité.»

Au Centre d’histoire de Montréal jusqu’au 7 septembre

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