Le Réseau juridique canadien VIH/sida demande au gouvernement de Stephen Harper d’offrir des seringues stériles aux détenus. Pourquoi?

La prévalence du VIH et de l’hépatite C est de 10 à 20 fois plus élevée que la moyenne nationale au sein de la population incarcérée. Et plus de 90 % des personnes en prison vont éventuellement réintégrer la communauté. Les infections qu’elles pourraient avoir contractées à l’intérieur des murs risquent de se propager davantage dans la collectivité à leur sortie. C’est donc une question d’intérêt public.

Quelle est la proportion de détenus qui consomment des drogues par injection?
Selon une étude qui a été faite par le Service correctionnel du Canada, au moins 11 % des personnes incarcérées feraient usage de drogue, ce qui comprend les drogues par injection.

Qu’est-ce qui empêche le gouvernement de mettre en place un programme d’échange de seringues dans les prisons?

Le gouvernement préfère passer des lois qui vont provoquer une augmentation du nombre de personnes arrêtées et emprisonnées. Il a investi beaucoup d’argent et de ressources pour empêcher que les drogues pénètrent dans les prisons. Et ça ne fonctionne pas. Il y a toutes sortes de moyens de faire entrer de la drogue. Certains gardiens participent même à ce trafic. C’est dommage parce que l’approche de réduction des méfaits serait beaucoup plus productive,
coûterait moins cher et réduirait la propagation des virus.   

Est-ce qu’un tel programme d’échange des seringues a fait ses preuves?

Il y a plus de 60 programmes dans 11 pays différents qui en ont un. En Suisse, ils ont commencé le programme en 1992. Les gardiens étaient très récalcitrants au début, mais maintenant, ils appuient le programme. Ils constatent qu’il y a moins d’incidents où le personnel se pique par accident. Les prisonniers ne sont pas obligés de cacher les seringues et ils sont moins infectés.

En attendant qu’un programme d’échange de seringues soit mis en place, qu’est-ce que font les détenus?
Il y a des gens qui utilisent des vieux stylos BIC pour se piquer. Une personne témoignait que sa peau qui se fait arracher parce que la seringue est tellement usée.

Quel moyen de pression comptez-vous exercer pour faire valoir votre cause?

L’année dernière, on a fait un rapport qui étayait des arguments plus juridiques. Selon des conventions juridiques internationales et les lois qui gouvernent les services correctionnels, les personnes incarcérées ont droit aux mêmes services de santé que la population en général. Il y a des programmes d’échange de seringue dans certaines communautés au Canada. [Porter la cause devant les tribunaux], ce n’est pas écarté. C’est une possibilité. En attendant, on essaie de mettre de l’avant nos arguments.

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