Les services animaliers doivent être pris en charge par les villes, clame un groupe d'experts
À chaque année, les fourrières de la région métropolitaine reçoivent au moins 50 000 animaux abandonnés. Le Regroupement pour la protection des animaux du Québec (R-PAQ) sonne l’alarme et insiste sur la nécessité de mettre rapidement sur pied un service animalier géré par les villes.
«Nous sommes confrontés à une crise», a clamé jeudi la directrice de la protection des animaux pour la SPCA de Montréal, Alana Devine, qui est membre du groupe d’experts créé à la suite de la diffusion du reportage Mauvais berger à l’émission Enquête de Radio-Canada. Le R-PAQ a rencontré cette semaine l’administration de Gérald Tremblay pour souligner l’urgence de trouver des solutions au nombre élevé d’animaux abandonnés.
Les municipalités de la région métropolitaine doivent prendre en charge les services animaliers, selon le R-PAQ, afin qu’elles puissent instaurer des mesures qui résoudront le problème à long terme, comme la stérilisation subventionnée. L’organisme a jugé archaïques les méthodes de capture et d’élimination des entreprises à but lucratif, qui assurent le contrôle animalier dans 13 arrondissements montréalais. «Avec ce modèle de contrôle, des animaux abandonnés continueront d’être maltraités et leur nombre ne cessera d’augmenter», a dit Mme Devine.
Les règlements municipaux doivent également être modifiés afin de responsabiliser les propriétaires d’animaux. «Pour le moment, nos règlements municipaux disent que c’est correct de se débarrasser de notre animal de compagnie et que la Ville va payer pour l’éliminer, a expliqué Mme Devine. Nous envoyons le message que les animaux sont un produit interchangeable.»
Le R-PAQ demande aussi que l’adoption plutôt que l’achat d’animaux doit être davantage valorisé.
Pour réussir le changement de cap réclamé par le R-PAQ, la Ville de Montréal devra augmenter le financement octroyé aux services animaliers. Il se situe à 0,74$ per capita, par année, ce qui très en deçà de d’autres villes canadiennes.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s’est dit ouvert la semaine passée à étudier l’idée de créer une fourrière municipale. Il s’est toutefois montré dubitatif puisqu’un tel projet coûterait environ 5M$, ce qui est beaucoup selon lui.