LaSalle

Protection des locataires: ACORN exige un registre des baux sans délai

ACORN
Des membres d’ACORN manifestent devant le 9257, rue Airlie, à LaSalle, le 12 mars. Photo: Gracieuseté ACORN Canada

Le syndicat de locataires ACORN Québec exige que la Ville de Montréal accélère la mise en œuvre de son registre des baux pour protéger les locataires vulnérables. Des membres d’une section locale ont manifesté en ce sens le 12 mars devant un immeuble de la rue Airlie, à LaSalle, où les locataires se plaignent d’insalubrité, de chauffage inadéquat et de tactiques malhonnêtes de la part du propriétaire.

«Au 9257, rue Airlie, les locataires nous ont parlé de problèmes de chauffage dans leur logement, explique Pierre Kodjo, l’un des leaders d’ACORN pour le secteur de LaSalle. Il a fait très froid cet hiver, mais le propriétaire a décidé de garder le chauffage bas.» M. Kodjo mentionne aussi des problèmes d’insalubrité dans certains logements.

L’organisme de défense des droits des locataires intervient lorsque le propriétaire ne répond pas aux plaintes formulées par les locataires. «Lorsque nous avons tenté de parler au propriétaire, nous n’avons pas eu de retour, poursuit M. Kodjo. C’est pourquoi, lors de notre manifestation de samedi, nous avons remis une lettre au bureau du propriétaire avec les demandes des locataires.»

Une augmentation malhonnête

L’une des locataires du 9257, rue Airlie, affirme même que le propriétaire de l’immeuble tenterait d’augmenter son loyer de façon malhonnête. Lors d’une entrevue téléphonique avec Métro, Mirabel, qui ne souhaite pas révéler son nom de famille par peur de représailles, raconte avoir repris, fin juillet, un bail dans l’immeuble au montant de 710 $ par mois. Elle assure avoir signé les papiers officiels dans les bureaux de l’administratrice de l’entreprise à numéro qui gère l’immeuble.

En novembre, la jeune femme a contacté le concierge de l’immeuble pour signaler un dégât d’eau dans sa chambre. Celui-ci lui aurait alors demandé la copie de son bail, prétextant qu’il voulait la photocopier, puisque, soi-disant, le propriétaire ne trouvait plus la sienne. «Je lui ai remis, de bonne foi, mais il ne me l’a jamais rendue», soutient la mère monoparentale.

«J’ai appelé au bureau de l’entreprise et ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas ma copie du bail, poursuit-elle. Lors de ma conversation avec le propriétaire, il m’a dit que j’étais une locataire illégale et il a menacé de m’évincer». Mirabel raconte avoir fondu en larmes, ajoutant qu’elle a toujours payé son loyer, sur lequel ils s’étaient entendus.

En janvier, celle qui est étudiante au cégep dit avoir reçu un document indiquant que son bail de 950 $ par mois allait être majoré de 15 $ pour la prochaine année. Comme elle conteste le montant du bail, elle a refusé d’accepter la hausse et de signer le document.

«Je vis dans la peur»

De plus, Mirabel affirme que, début mars, deux personnes seraient entrées dans son appartement sans avertissement et sans son consentement, alors que sa fille était momentanément seule à la maison. Elle souligne que, depuis cet événement, sa fille refuse de dormir seule dans sa chambre. «Ma fille et moi vivons dans la peur», laisse-t-elle tomber.

La jeune mère de famille assure qu’elle a des enregistrements des conversations téléphoniques avec l’entreprise propriétaire et qu’elle compte bien les révéler, lors de son audience devant le Tribunal administratif du logement, le mois prochain.

Peter Skierka, le président de l’entreprise à numéro propriétaire de l’immeuble, n’a pas répondu à l’appel de Métro.

Un registre avant 2027

C’est pour éviter ces situations déplorables qu’ACORN Québec demande à l’administration Plante de se dépêcher de mettre en œuvre son registre des baux. L’organisme cible particulièrement l’application du programme aux immeubles de 8 à 11 logements, actuellement planifiée pour 2027.

2027, c’est loin. Pendant ce temps, les locataires continuent de souffrir.

Pierre Kodjo, leader local de l’organisme ACORN Québec

Comme présenté à la mi-février, le registre de baux compilerait les déclarations faites, tous les cinq ans, par les propriétaires d’immeubles de huit logements et plus sur les loyers qu’ils facturent. Cette information serait alors disponible pour les locataires qui souhaitent contester leur loyer.

Les propriétaires qui omettraient de déclarer les baux seraient contraints de payer des amendes salées. Avec cette mesure, qui toucherait près de 35% du parc locatif montréalais, la Ville espère contrer le phénomène grandissant des rénovictions et les hausses abusives de loyer.

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