Fêter Noël est devenu une habitude bien établie. Trop bien établie. Le sapin, les cadeaux, le repas, les cartes de vœux. On en oublie alors que le réveillon peut se fêter de bien d’autres façons. Deux familles immigrantes, l’une venue du Mexique, l’autre de l’Algérie, posent un regard différent sur le fameux 25 décembre.

Julia Gomes est arrivée du Mexique avec sa petite fille de six ans et son conjoint Julio Domingez en 2009. «Le plus difficile, ça n’a pas été le froid, mais l’absen­ce de la famille pour fêter Noël», raconte-t-elle.

Second choc, à l’église pour la messe de minuit. «Il n’y avait pratiquement pas d’enfants, surtout des person­nes âgées», se souvient-elle.

Heureusement, le lendemain, la petite famille était gentiment invitée dans une famille québécoise rencontrée au Mexique. Deux ans plus tard, Julia se rappelle le petit moment de gêne quand leurs hôtes québécois ont ouvert les cadeaux offerts par  leurs invités (des serviettes brodées et un livre).

«On était un peu anxieux, car chez nous, on n’ouvre les cadeaux que le lendemain. Ça permet de continuer la fête.» La rencontre avec le père Noël était très attendue par sa fille Nadia. «Les Mexicains du Nord comme nous con­naissent bien Santa Claus en raison de la proximité avec la frontière américaine.»

Mais pour bien des Mexicains, c’est plutôt le 6 janvier qu’on déballe les cadeaux, en référence aux Rois mages de la Bible.

Et pour pallier l’absence de la famille, il y a toujours les solutions de rechange. «C’est notamment pour cela que l’on s’est inscrit à l’Association sportive et communautaire du Centre-Sud, car on y retrouve l’esprit de communauté», indique Julio Domingez.

Les musulmans ont aussi leurs traditions de Noël, qui peuvent être bouleversées une fois qu’ils sont installés au Québec.

Qui eut cru qu’on parlait de Jésus (‘Îsâ) dans le Coran? Mais pour les musulmans, Jésus est un prophète messager de Dieu, et non le Fils de Dieu. Le Coran met toutefois davantage un autre prophète de l’avant : Mahomet.

Alors, pour l’Algérien d’ori­gine Fouad Filali, Noël n’a pas d’autre signification que le fait de faire plaisir aux enfants. «Je ne veux pas que mes deux filles se sentent exclues à l’école parce qu’elles n’ont pas de sapin ou de cadeaux pour Noël», explique M. Filali.

Ce dernier invite aussi, depuis huit ans, une centaine d’enfants de la DPJ à venir réveillonner dans le Vieux-Montréal, dans l’un de ses six restaurants.

«Cette année, on organise le repas le 24 décembre pour que les enfants qui n’ont plus aucun lien avec leurs parents, ou qui vivent loin d’eux, puissent avoir l’occasion de fêter en dehors de leur contrée», se félicite M. Filali, qui en profitera pour exercer ses talents de magicien.

À chaque Noël son église
Le site internet du Diocèse de Montréal recense, sur Google Maps, les églises selon leur appartenance à une communauté culturelle. L’idéal pour passer une messe de Noël qui sorte des sentiers battus.

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