Yves Provencher/Métro Les habitants de Pointe-Saint-Charles tentent de faire respecter un accord entre le groupe Mach et la Ville de Montréal qui interdit aux camions de la compagnie de circuler à travers le secteur résidentiel.

Les habitants de Pointe-Saint-Charles ont bloqué le passage mardi dans les rues de leur secteur aux camions du groupe Mach, une compagnie immobilière détenant plusieurs constructions notamment à Montréal. Ces camions, qu’ils considèrent comme nuisibles en raison de leurs va-et-vient quotidiens, ne respecteraient pas un accord signé avec la Ville de Montréal, selon eux.

«Certains ont choisi de passer par les petites rues, ce matin, même s’ils n’ont pas le droit. Par contre, j’ai vu au moins une dizaine de camions faire la file et attendre qu’on parte», a affirmé en entrevue téléphonique Natasha Alexandroff, porte-parole de l’Action-Gardien Pointe-Saint-Charles qui a initié cette action.

Depuis 2 ans, Mme Alexandroff craint d’abord pour la qualité de vie des citoyens du quartier, alors que les camions du groupe Mach passent près d’une cinquantaine de fois par jour dans le secteur. «Ces camions font tout un trafic. Les gens qui ont des enfants ont peur, parce qu’ils ne sont pas contrôlables.»

Mais c’est surtout parce que ces immenses véhicules chargés de terres qui salissent le quartier ne respectent pas une entente déjà établie que les habitants ont décidé de s’indigner.

En 2012, la Ville conclut une entente avec le groupe Mach pour restreindre les déplacements de leurs camions à travers le secteur. Pour se rendre à l’ancien atelier du CN, maintenant la propriété du groupe Mach qui y bâtira des condos, les camions chargés de terre passaient sur la rue Wellington à Pointe-Saint-Charles, une rue au centre du quartier résidentiel. Dans l’accord de développement, la Ville, à la demande des citoyens, a convenu avec la compagnie que les camions passeraient dorénavant par une rue à l’extérieur du secteur résidentiel, le boulevard Marc-Cantin.

L’AMT a donc construit à l’époque, avec le CN, un passage reliant le boulevard Marc-Cantin au terrain du groupe Mach. Le passage traversait les rails de chemin de fer, accommodant ainsi ces camions.

Mais un conflit entre le groupe Mach, l’AMT et le CN vient changer la donne depuis maintenant 2 mois.

«Un citoyen nous a rappelés pour nous dire que les camions avaient recommencé à passer», se rappelle Mme Alexandroff. Selon elle, en raison du conflit, dont elle ignore la teneur, l’AMT refuse de laisser les camions du groupe Mach utiliser leur passage vers le terrain.

«C’est ça qui nous gêne. Je ne pense pas qu’ils aient nécessairement un conflit à Pointe-Saint-Charles. Mais c’est un conflit ailleurs qui fait en sorte que l’AMT se dit qu’elle peut bloquer son chemin pour le groupe Mach chez nous, afin de régler autre chose», se désole Mme Alexandroff.

Pour justifier le retour à la situation d’origine, le groupe Mach a indiqué aux citoyens que la Ville les autorise à circuler sur Wellington en attente du règlement du conflit.

«Si c’est vrai, je ne suis vraiment pas contente, et le reste des citoyens non plus. La Ville devra expliquer pourquoi elle déroge au contrat qu’ils ont fait», a fait savoir Mme Alexandroff.

L’Action-Gardien Pointe-Saint-Charles dit avoir informé le maire du Sud-Ouest, Benoît Dorais, de leurs inquiétudes, mais les négociations avec le groupe Mach semblent difficiles.

Benoît Dorais n’a pas retourné nos appels, mardi.

L’AMT affirme qu’elle n’est pas le propriétaire du passage entre le boulevard Marc-Cantin et le terrain du groupe Mach. Selon l’agence, il s’agit du CN. Elle a fait savoir que le CN a même autorisé le passage des camions de l’AMT sur ce passage lorsqu’ils en auront besoin. L’AMT compte effectivement construire une gare de nettoyage pour ses trains aux côtés des condos du groupe Mach.

Le CN a fait savoir qu’il serait en mesure de nous donner plus d’informations mercredi.

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