Photo by Matt Rutherford Richards. La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Certains cours d’été sortiront franchement de l’ordinaire à Montréal.

Pendant neuf semaines, une université à saveur spatiale offrira une série de séances à Montréal, y compris une compétition de robotique et un groupe de discussion ne rassemblant que des femmes astronautes.

L’International Space University (ISU), fondée en 1987 au Massachusetts Institute of Technology, rassemblera 80 experts du domaine de l’espace et 115 étudiants-participants provenant d’environ 30 pays.

Au moins 15 Canadiens se sont inscrits aux séances, qui s’étendront du 9 juin au 8 août.

Les anciens étudiants de cette université possèdent des C.V. particulièrement impressionnants: on compte des astronautes, des chercheurs, ainsi que des grands noms venant d’importantes sociétés du domaine spatial.

«L’idée derrière [le projet] est d’accroître les connaissances des gens à propos de la communauté spatiale mondiale», affirme David Kendall, directeur du programme estival.

«Chacun arrive avec certaines connaissances et quitte, nous l’espérons, avec une compréhension de l’ensemble du spectre des activités se déroulant dans l’espace — de l’art spatial à la science des fusées, et tout ce qui se retrouve entre les deux.»

Selon M. Kendall, l’objectif est de développer les futurs leaders du domaine spatial.

La philosophie de l’université est d’offrir une éducation interdisciplinaire, internationale et interculturelle, poursuit M. Kendall, qui travaille à l’Agence spatiale canadienne.

«Parce que l’espace est universel, plusieurs personnes sous-estiment les différences culturelles lorsque vous tentez de négocier, de participer et de collaborer avec les gens d’une autre culture.»

«Vous devez travailler d’une manière différente.»

Les participants proviennent d’aussi loin que la Chine, qui enverra 26 étudiants pour l’édition de cette année. L’un des anciens étudiants est Wu Yanshuing, le nouveau dirigeant de l’Agence aérospatiale et technologique chinoise. Cette entreprise d’État construit les fusées envoyant des astronautes chinois dans l’espace.

Selon M. Kendall, le programme coûte 20 000 $, bien que des bourses soient disponibles.

«La plupart des participants bénéficient de l’appui de commanditaires, et bien peu d’entre eux dépensent 20 000 $», dit-il, en ajoutant que les frais comprennent l’hébergement, la nourriture et le matériel scolaire.

Bob Richards, l’un des trois cofondateurs de l’université, souligne que l’institution a une grande vision — «et cette vision est la paix par l’espace».

«La vision est de rassembler de jeunes gens intelligents provenant de partout dans le monde, et qui ont une passion pour l’exploration spatiale, et nous les menons à se rencontrer et à véritablement former les bases de ce qui devient des amitiés qui durent toute une vie», a-t-il confié à La Presse Canadienne lors d’une entrevue téléphonique.

L’institution a été mise sur pied dans la foulée de la Guerre froide, et M. Richards précise que l’université a été critiquée et tournée en ridicule pour croire qu’elle pourrait attirer des étudiants de ce qui était alors l’Union soviétique.

«Nous avons eu de ces étudiants… et une partie de notre vision consistait à aider le monde à aller au-delà de cette mentalité de la Guerre froide.»

L’homme s’inquiète toutefois des tensions actuelles entre la Maison-Blanche et le Kremlin à propos de la situation dans l’est de l’Ukraine.

À l’exception de la collaboration liée à la Station spatiale internationale, la NASA a coupé les ponts avec la Russie, et ses employés ne peuvent s’y rendre.

«Aujourd’hui, nous voyons ce drame géopolitique se jouer de nouveau, où l’espace est pratiquement utilisé comme une arme géopolitique, plutôt que comme un forum pour la coopération et la paix», affirme M. Richards, avant de noter que les anciens de l’université occupent des postes importants et peuvent aider à promouvoir l’espace comme un outil pacifique.

«Je crois que nos diplômés ont un grand rôle à jouer dans l’espace en tant que diplomates de l’avenir.»

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