En cinq ans, les intentions de créer une entreprise sont passées de 7% à 19% chez les Québécois de moins de 35 ans, selon l’Indice entrepreneurial québécois. Cette tendance s’illustre parfaitement dans le nombre de startups participant à la deuxième édition des Portes ouvertes Start-up qui se tient jeudi et qui revendique deux fois plus de participants que l’année précédente. États des lieux de la créativité montréalaise en quatre visites.

1-Busbud (photo ci-haut)

C’est peu connu, mais l’austère rue Casgrain dans le Mile-End offre, en cinq édifices, deux fois plus d’espace pour bureaux que la Place Ville-Marie. Avec des loyers trois fois moins chers. C’est dans ce secteur que logent de nombreux startups qui participent à l’événement.

«Si tu te cherches un travail, il n’y a pas plus efficace que la journée des portes ouvertes. Tu auras le choix parmi une centaine de startups et tu pourras discuter avec les gens dans ton créneau», lance LP Maurice, organisateur de la journée et cofondateur de Busbud, une sorte d’Expedia pour planifier ses voyages en bus dans une centaine de pays.

«Les gens connaissent mal le monde des startups, mais c’est parmi nous que se trouve déjà les futurs Google ou Amazon», ajoute le jeune homme qui apprécie le climat de travail dans ce milieu. «On voyage beaucoup chez Busbud. Cette semaine, on a des membres de notre équipe en Californie, en Grèce et en Asie. Dans le milieu des startups, des emplois à 60 000$ ou 100 000$, il y en a pour le talent de pointe», dit-il.

L’entreprise a récemment récolté 10M$ auprès d’investisseurs américains et canadiens et lancera cet automne son application mobile.

cook it

2-COOK-IT. Le profane réalise rapidement que startup ne rime plus uniquement avec nerds nageant dans des algorithmes incompréhensibles. Le concept de cette microentreprise consiste à offrir des boites qui contiennent des recettes conçues par des chefs où tous les ingrédients sont préproportionnés et lavés pour que le repas soit près en 30 minutes. «Notre cible, ce sont les foodies, ceux qui ont peu de temps ou qui veulent apprendre à cuisiner ainsi que ceux en perte d’autonomie ou des amis partant au chalet», explique Thomas Dubrana, cofondateur de l’entreprise.

Cette dernière fait partie des startups, car elle compte sur sa plateforme web et sur les réseaux sociaux pour accroitre sa clientèle. «On est constamment connectés à Google Analytics qui analyse les entrées sur notre site internet, c’est un peu comme savoir combien il y a de personnes dans le magasin. Si d’un coup on voit 200 personnes de plus, on veut comprendre d’où ils viennent», illustre Judith Fetzer, l’autre tête pensante de la startup.

C’est ainsi que les jeunes entrepreneurs ont réalisé qu’à la suite de la parution d’un article dans le magazine Les Affaires, leur clientèle avait bondi. «On croyait que notre cœur de cible était les femmes de 25-35 ans et là on s’est rendus compte que les hommes étaient autant sinon plus intéressés par le concept».

L’entreprise va jusqu’à mesurer le temps moyen pendant lequel un internaute reste sur son site (2mn33), le nombre d’achats et au bout de combien de temps l’internaute se décide à acheter. «Cela permet de bien comprendre notre clientèle», illustre Judith Fetzer.

Nexalive

3-Nexalogy

Si vous pensiez pouvoir dire des niaiseries incognito sur Twitter ou Facebook, détrompez-vous. Grâce à la technologie de la startup Nexalogy, plusieurs organisations peuvent scanner ce qui se dit sur les réseaux sociaux à propos de leur marque ou sur un sujet d’intérêt les concernant.

Nexalogy travaille avec des géants tels que Ford Canada et analyse les répercussions de ses campagnes multimédia. «On mesure, par exemple, combien de personnes ont «liké» ou «retweeté» une vidéo de la marque sur YouTube et on analyse aussi le contenu des conversations pour voir si c’est positif ou pas», explique Naomi Goldapple, vice-présidente de Nexalogy.

L’entreprise travaille avec des partis politiques ainsi qu’avec la Défense nationale. Un apport non négligeable dans un contexte où les groupes terroristes utilisent les réseaux sociaux pour recruter et radicaliser les jeunes de l’Ouest.

Nexalogy, qui compte désormais 11 salariés à temps plein, lancera bientôt une application grand public qui permet de suivre jusqu’à trois mots clics par mois. «Vous pouvez ainsi suivre et analyser des événements de l’actualité, suivre ce qui est dit à propos de votre marque ou de votre produit, ou encore garder l’œil sur vos compétiteurs et sur d’autres enjeux importants pour votre entreprise. Denis Coderre pourrait faire le tri parmi les 1403 tweets des dix derniers jours où sont nom est mentionné!

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4- Frank & Oak

C’est l’une des startups montréalaises les plus respectées, à cause de ses succès commerciaux, mais surtout pour son sens de la communauté. «C’est l’une des belles histoires à succès canadiennes. Si on s’est installés dans le bâtiment, c’est parce qu’ils y étaient», raconte Judith Fetzer, de COOK-IT.

Frank & Oak conçoit ses vêtements sur la rue Casgrain. La collection est réactualisée chaque mois. Et grâce à des génies de l’informatique plus nombreux que le nombre de designers, l’entreprise a developpé une stratégie web redoutable. «On connait le profile de nos clients, leurs habitudes d’achat pour être en mesure de prévoir quel produit créer à quel moment et en quelle quantité», explique Ethan Song, son cofondateur.

Ça n’empêche pas l’entreprise de 75 employés d’avoir ouvert un café-boutique-coiffeur au bas de l’édifice. «La boutique, c’est pour bâtir la communauté. On pourrait être installé partout dans le monde, mais Montréal dispose d’un bon bassin de talents à la fois en design et en Web», conclut l’entrepreneur.

Quand: jeudi de 16h à 19h
Où: Partout en ville (ou presque)

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