MONTRÉAL – La Semaine de la santé mentale s’est terminée, samedi à Montréal, par le sixième rassemblement annuel des gens opposés à l’utilisation des électrochocs.

L’événement était organisé au Parc Émilie-Gamelin par le comité Pare-chocs, un petit groupe de bénévoles qui milite activement contre l’abolition de ce traitement controversé. S’il s’agit d’un vieux problème, qui remonte aux années 1960, l’utilisation des électrochocs est encore rapportée de nos jours en psychiatrie.

À une certaine époque, les électrochocs servaient à traiter la schizophrénie. Ils seraient plutôt utilisés maintenant dans les cas de dépression majeure.

Pour sa part, le porte-parole du comité Pare-chocs, Ghislain Goulet, déplore qu’ils sont administrés au Québec sans aucune surveillance.

Il souligne que le ministère de la Santé et des services sociaux n’a pas encore mis de l’avant l’une des sept recommandations contenues dans le rapport de l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS) qui lui avait été remis en 2003.

Selon M. Goulet, l’enquête commandée par le ministère avait conclu à des risques importants des électrochocs et qu’il fallait baliser leur utilisation.

Cette pratique toucherait environ 1000 personnes au Québec. Les personnes visées seraient surtout des femmes et des aînés, selon les rares statistiques sur le sujet compilées par le comité Pare-chocs auprès de la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ).

Ghislain Goulet interpelle les ministres de la Santé, Yves Bolduc, et aux Aînés, Marguerite Blais, pour du moins inciter le gouvernement à compiler des statistiques sur l’utilisation des électrochocs et leurs séquelles, comme la perte de mémoire, les arrêts respiratoires, les lésions cérébrales et les cauchemars.

Par ailleurs, son groupe réfute qu’il s’agit d’un traitement de dernier recours puisqu’il ne contribue pas à la guérison de maladies. Son efficacité ne dépasserait pas les quatre à six semaines.

Au Québec, le traitement par électrochocs nécessite un contentement écrit du patient puisqu’il se donne sous anesthésie générale. Pour M. Goulet, ce consentement ne peut être donné de façon libre et éclairée puisqu’il est normalement administré en dernier recours auprès de personnes qui sont déjà fragiles et vulnérables.

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