Les températures extrêmement froides forcent la Société de transport de Montréal (STM) à immobiliser de plus en plus de bus qui demandent des réparations.

Le Syndicat des chauffeurs de la STM, de même que le Syndicat des transports qui représentent les employés d’entretien, évaluent que près de 300 bus sont en ce moment garés dans les garages en attente d’entretien ou de réparation.

«On n’a jamais vu un mois de février comme cela, a fait savoir lundi à Métro le président du Syndicat des chauffeurs d’autobus, Renato Carlone. C’est pire qu’au mois de septembre.»

Son collègue du Syndicat des transports, Luc St-Hilaire, juge aussi que la situation est exceptionnelle.

«Plus il fait froid, plus les autobus brisent et plus les mécaniciens sont obligés d’aller sur la route pour aller chercher les véhicules, a-t-il expliqué. Quand ils sont partis sur la route, ils ne font pas l’entretien régulier des autobus. Présentement, j’ai du personnel en temps supplémentaire jour, soir, nuit et pendant la fin de semaine. Dans tous les garages, le temps supplémentaire est ouvert à tous les employés de l’entretien des autobus.»

«La STM essaie d’aller chercher plus de clients. Elle devrait d’abord servir mieux ceux qu’elle a actuellement et respecter ses horaires.» -Renato Carlone, président du Syndicat des chauffeurs de la STM

Un peu plus de 300 employés de la STM réparent les autobus à l’heure actuelle. Au cours des trois dernières années, une trentaine de postes n’ont pas été pourvus à la suite de départs à la retraite, a déploré M. Carlone.

Résultat: des autobus quittent en retard les centres de transport, sinon ils ne partent pas du tout. Le Syndicat des chauffeurs a rapporté que jeudi dernier, en matinée, 90 bus sont demeurés au garage ou ils sont partis un peu plus tard que d’habitude, ce qui signifie qu’autant de chauffeurs ont dû patienter à ne rien faire.

«Comme la clientèle, on est pris dans cette situation. On essaie de faire de notre mieux», a dit Renato Carlone. Ce dernier estime qu’au moins un ou deux chauffeurs se sont fait agressé verbalement et physiquement à toutes les semaines à cause de la colère des usagers qui utilisent le service de bus de la STM.

«Pendant les mois d’hiver, n’importe quelle flotte d’autobus, publique ou privée, peut avoir des problèmes liés aux grands froids.» -Marvin Rotrand, vice-président de la STM

La STM est beaucoup moins alarmiste que les deux syndicats. «C’est plus difficile que d’habitude, mais nos normes sont respectées. C’est loin d’être une situation où on n’est pas capable de livrer le service», a dit le vice-présent de la STM, Marvin Rotrand. Ce dernier a rapporté que le balisage international a établi qu’en moyenne, les sociétés de transport s’organisent pour laisser jusqu’à 18,4% de leur flotte au garage. La STM ayant plus de 1700 bus, c’est près de 17% de sa flotte qui est confinée dans ses centres de transport actuellement.

Pour l’heure de pointe du matin, la STM a besoin de 1386 autobus. S’il en manque, elle essaie de réaffecter ceux qui fonctionnent pour éviter que les usagers attendent trop longtemps avant d’être embarqués, a expliqué le vice-président de la STM. «C’est le mieux qui peut être fait», a-t-il dit.

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